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Les places européennes se reprennent timidement après le crash en Ukraine

18/07/2014 05:17 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Les Bourses européennes se reprenaient timidement vendredi matin après avoir flanché la veille à l'annonce du crash d'un avion de ligne malaisien, mais les nombreuses questions autour d'un éventuel tir de missile alimentaient la prudence.

La nouvelle de l'accident, juste avant la fermeture des places européennes jeudi avait fait décrocher nettement les indices en Europe, avant que l'onde de choc ne se propage à Wall Street, puis aux marchés asiatiques dans la nuit.

"L'indice VIX, aussi connu comme +indice de la peur+ s'est envolé de 32,73%, en soulignant la nervosité des marchés", ont ainsi noté les analystes de Saxo Banque.

Mais à l'ouverture vendredi, les investisseurs européens essayaient surtout de démêler calmement le vrai du faux dans le crash de cet avion transportant 298 personnes dans une zone ravagée par le conflit ukrainien.

"Nous pouvions craindre hier soir une réaction négative des places européennes dans la foulée du décrochage de la veille, mais finalement les indices européens n'ont pas ouvert sur des baisses catastrophiques", a observé Renaud Murail, un gérant de Barclays Bourse.

"Les investisseurs prennent clairement du recul par rapport à ce qui s'est passé en Ukraine, et penchent plutôt pour l'hypothèse d'une bavure que pour celle d'un acte délibéré", a-t-il poursuivi.

Selon lui, "le dossier ukrainien court depuis plusieurs mois et jusque là les marchés" poussés par une dynamique à la hausse, "avaient plutôt minimisé les nouvelles, mais là une étape grave a été franchie, dans un contexte boursier en outre moins favorable en Europe, il y a donc de quoi être déboussolé, mais pour le moment, donc ils cherchent plutôt à temporiser" en attendant d'y voir plus clair.

Inquiet du ralentissement de la croissance européenne et des déboires autour de la banque portugaise Banco Espirito Santo, les marchés ont déjà beaucoup baissé, a en outre noté Frédérik Ducrozet, un économiste du Crédit Agricole CIB, et "ils semblent qu'ils aient déjà un peu épuisé leur potentiel de baisse, ce qui peut aussi un peu expliquer que les inquiétudes" ne prennent pas plus le dessus.

Vers 10h30 (08H30 GMT), la Bourse de Paris évoluait en recul de 0,10%, celle de Francfort de 0,60% et celle de Londres de 0,46%. A Madrid l'indice phare perdait 0,55% et à Milan il prenait 0,15%.

Sur le marché de la dette, traditionnel refuge, les taux d'emprunt à 10 ans des principaux pays de la zone euro se stabilisaient aussi, après la nette détente de la veille qui avait permis à la France d'inscrire un nouveau record.

La Bourse de Moscou, pour sa part, était beaucoup plus affectée (-1,78%), et continuait sa chute pour la deuxième séance consécutive alors que l'annonce du crash est venue s'ajouter aux nouvelles sanctions décidées mercredi soir par les États-Unis et l'Union européenne contre la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Les marchés asiatiques, dans le sillage de la Bourse de New York qui a plongé (-0,94% pour le Dow Jones et -1,18% pour l'indice élargi S&P 500) ont ausi plus nettement accusé le coup, la Bourse de Tokyo notamment perdant 1,01%.

Si les places européennes font face pour le moment, et que les séparatistes prorusses ont promis un accès libre aux enquêteurs internationaux, les marchés risquent toutefois d'être fragilisés pendant un certain temps.

Comme l'a ainsi souligné Jasper Lawler, un analyste chez CMC Markets: "A moins qu'un groupe reconnaisse sa responsabilité, cela prendra des jours avant de savoir qui est coupable et d'ici là, les marchés risquent d'être marqués par une aversion au risque".

bur-abx/fz/fw

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