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L'ancienne Première ministre assure ne pas vouloir fuir la Thaïlande

18/07/2014 04:26 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

L'ancienne Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, autorisée par la junte à quitter le territoire, a exclu vendredi vouloir s'exiler pour éviter de possibles poursuites criminelles.

Lors de sa première conférence de presse depuis le coup d'Etat du 22 mai, Yingluck a confirmé qu'elle allait s'envoler pour Paris pour un "voyage privé".

Elle devrait y assister à une fête le 26 juillet pour le 65e anniversaire de son frère Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre renversé par le précédent putsch en 2006.

Le milliardaire, qui reste la figure de division du royaume, vit en exil pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour malversations financières.

Mais Yingluck, chassée de son poste par la justice deux semaines avant le putsch, a assuré qu'elle ne voulait pas imiter son frère.

"Je suis une citoyenne thaïlandaise qui devrait avoir des droits et des libertés comme n'importe quel Thaïlandais. Je veux vous assurer que je n'abandonnerai pas mes compatriotes et je suis prête à revenir en Thaïlande", a-t-elle déclaré.

La junte avait indiqué jeudi avoir approuvé une demande de Yingluck de quitter la Thaïlande, notant qu'elle était restée en dehors de la politique depuis le coup d'Etat.

Elle fait partie des centaines de personnalités convoquées par l'armée et détenues plusieurs jours dans des lieux tenus secrets, avant d'être libérées en signant un engagement à ne plus faire de politique.

Au lendemain de son limogeage, Yingluck avait été inculpée pour négligence par la Commission anticorruption, en lien avec un programme d'aide controversé aux riziculteurs.

Et cette Commission a annoncé jeudi transmettre le dossier à la justice, ouvrant la voie à de possibles poursuites criminelles contre elle.

L'ancienne Première ministre a assuré une nouvelle fois vendredi être innocente, doutant que l'enquête respecte les normes internationales.

"L'enquête est très rapide contrairement à d'autres dossiers politiques", a-t-elle noté, accusant la Commission d'avoir "choisi" d'entendre uniquement des témoins à charge.

L'armée a expliqué avoir pris le pouvoir pour restaurer l'ordre public après sept mois de manifestations meurtrières contre le gouvernement de Yingluck. Mais certains accusent la junte d'avoir utilisé cette situation comme prétexte pour se débarrasser de l'influence de Thaksin.

Depuis le putsch, les militaires ont suspendu la Constitution, largement limité les libertés civiles et exclu des élections avant environ octobre 2015.

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