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Issue incertaine du litige entre Argentine et fonds "vautours"

18/07/2014 12:45 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

L'Argentine et des fonds "vautours" ayant obtenu en justice le remboursement d'une dette datant de la crise économique de 2001 campent sur des positions diamétralement opposées dans le litige qui les oppose, à moins de 15 jours de la date butoir pour la résolution du contentieux.

Les économistes conseillent à Buenos Aires de payer, mais si l'Argentine rembourse à 100% ces fonds représentant 1% de ses créanciers, une avalanche de revendications pourrait déferler, une clause des contrats de dette établissant que des créanciers ne peuvent pas être avantagés et que si une faveur est accordée à l'un, elle peut être exigée par tous.

Comme la clause Rufo (Rights Upon Future Offers) devient caduque au 1er janvier 2015, Buenos Aires cherche à gagner du temps.

Après avoir levé le pied en terme d'attaques contre les "vautours", Buenos Aires fait feu de nouveau.

Mercredi à Brasilia, la présidente Cristina Kirchner a demandé d'"en finir avec le pillage financier international", après que son chef du gouvernement a remis en cause l'indépendance de la justice des Etats-Unis, la semaine dernière.

Si l'Argentine signe un chèque de 1,3 milliard de dollars aux fonds victorieux d'une longue bataille judiciaire, les détenteurs de titres de dette argentine émis à New-York ayant refusé toute restructuration de la dette pourraient également entamer une procédure judiciaire.

Le montant de la facture pour la troisième économie d'Amérique latine pourrait alors dépasser 10 milliards de dollars.

- Négociations secrètes -

"Des avocats disent qu'il est possible d'éviter la clause et de sceller un accord. Il y a des opérateurs sérieux travaillant discrètement", a affirmé à l'AFP l'économiste Pablo Tigani, directeur de l'institut Hacer, suggérant que des négociations sont en cours, alors qu'officiellement elles sont dans l'impasse.

Pour l'économiste argentine Soledad Perez Duhalde, "tout cela peut s'arranger si le juge suspend l'exécution du jugement, permettant à l'Argentine de payer l'échéance (due au 30 juillet) aux créanciers restructurés. Elle pourrait ensuite payer les fonds en 2015".

"L'autre solution, ajoute-t-elle, c'est que le juge (new-yorkais Thomas) Griesa +oblige+ l'Argentine à payer (les fonds vautours) et dans ce cas l'Argentine ne tomberait pas sous le coup de la clause Rufo car elle aura été contrainte par la justice".

Si l'Argentine ne règle pas les 1,3 milliard de dollars au 30 juillet, cela n'entraînera pas une faillite comme en 2001, mais les marchés redoutent les conséquences sur l'économie du pays, déjà fragilisée par une forte inflation et une amorce de récession.

Pour Christopher Dembik, analyste chez Saxo Banque, Buenos Aires va devoir payer tous les détenteurs de bons non restructurés et emprunter à nouveau sur les marchés, ce à quoi elle s'est refusée depuis 2001.

"Le gouvernement argentin essaie par tous les moyens légaux, politiques et médiatiques de gagner du temps afin de rééquilibrer le rapport de force avant l'échéance cruciale du 30 juillet", estime-t-il. "Cependant, le dénouement parait inévitable (...) L'Argentine n'aura d'autre choix que de recourir de nouveau au marché des capitaux (...) C'est certainement le prix à payer pour solder la mauvaise gestion des dernières décennies".

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