INTERNATIONAL

Écrasement d'un avion de Malaysia Airlines: le Conseil de sécurité de l'ONU demande une enquête indépendante (EN DIRECT/PHOTOS)

17/07/2014 11:08 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT
SERGEI SUPINSKY via Getty Images
People light candles and place flowers in front of the Embassy of the Netherlands in Kiev on July 17, 2014, to commemorate passengers of Malaysian Airlines flight MH17 carrying 295 people from Amsterdam to Kuala Lumpur which crashed in eastern Ukraine. Ukrainian President Petro Poroshenko said on July 17 that the Malaysia Airlines jet that crashed over rebel-held eastern Ukraine may have been shot down.' Ukraine's government and pro-Russian insurgents traded blame for the disaster, with comments attributed to a rebel commander suggesting his men may have downed Malaysia Airlines flight MH17 by mistake, believing it was a Ukrainian army transport plane. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY (Photo credit should read SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé vendredi une "enquête internationale complète, minutieuse et indépendante" sur l'avion malaisien qui s'est écrasé en Ukraine jeudi.

Les 15 pays membres du Conseil, dans une déclaration unanime, ont aussi "souligné la nécessité pour toutes les parties d'accorder un accès immédiat à l'endroit du crash pour les enquêteurs afin de déterminer les raisons de cet incident".

» Voyez notre blogue en direct au bas de l'article

Le Conseil demande que l'enquête se déroule "selon les règles de l'aviation civile internationale et en vue de faire rendre des comptes de manière appropriée" aux responsables.

Le Conseil adresse ses "plus sincères condoléances aux familles des victimes, ainsi qu'aux peuples et aux gouvernements de tous ceux qui ont été tués".

Les ambassadeurs des pays membres ont aussi observé une minute de silence en hommage aux victimes, au début d'une réunion d'urgence du Conseil.

Le crash de l'avion malaisien avec à bord 298 personnes, probablement abattu par un missile au-dessus d'une zone de conflit armé en Ukraine, suscitait vendredi colère et consternation dans le monde, amenant les séparatistes prorusses à promettre un accès libre aux enquêteurs internationaux

Des secouristes travaillant sur le site ont indiqué à l'AFP qu'une des boites noires avait été retrouvée. Mais ces boites ne pourront probablement pas aider à déterminer l'origine du tir de missile supposé, dont les autorités ukrainiennes et les séparatistes prorusses s'accusent mutuellement.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a indiqué vendredi que les séparatistes prorusses avaient accepté d'offrir "un accès sûr" à "une commission nationale d'enquête, comprenant des enquêteurs internationaux", lors d'une visioconférence réunissant l'organisation, l'Ukraine, la Russie et les insurgés.

Auparavant, le président américain Barack Obama avait réclamé une enquête "rapide" et "sans entraves", lors d'une conversation téléphonique avec le premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays comptait 154 ressortissants à bord.

Washington est prêt à fournir "de l'aide immédiate en faveur d'une enquête internationale rapide, complète, crédible et sans entraves" en Ukraine, a assuré M. Obama.

Pour faciliter les opérations, les Etats-Unis appellent "toutes les parties concernées --la Russie, les séparatistes prorusses et l'Ukraine-- à un cessez-le-feu immédiat".

Sur le lieu du crash, les débris de l'avion, qui s'est disloqué en vol selon des témoins, sont éparpillés sur des kilomètres carrés dans une zone de campagne autour du village de Grabove, dans l'est de l'Ukraine, non loin de la ligne de front entre séparatistes prorusses et forces loyalistes ukrainiennes.

Sous une pluie fine, les secouristes préparaient vendredi matin la récupération des restes des 298 passagers et membres d'équipage qui se trouvaient à bord de l'appareil.

Écrasement du vol MH17 de Malaysia Airlines en Ukraine

- Origine incertaine du missile présumé -

Des experts des services de renseignement américains estiment que le Boeing 777 de Malaysia Airlines, parti d'Amsterdam pour Kuala Lumpur, a été abattu par un missile sol-air dont l'origine reste cependant encore incertaine.

Les experts étudient leurs données pour savoir si l'engin a été tiré par les séparatistes prorusses, selon un responsable sous couvert de l'anonymat.

Les autorités de Kiev et les rebelles se sont immédiatement accusés d'être à l'origine d'un éventuel tir de missile, sans qu'aucun élément matériel ne permette d'en attribuer solidement la responsabilité.

L'accident est intervenu "dans le contexte d'une crise en Ukraine alimentée par le soutien russe aux séparatistes, y compris à travers des armes, du matériel et de l'entraînement", a souligné le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest.

Une centaine de passagers étaient en route vers l'Australie, via Kuala Lumpur, pour participer à la conférence internationale sur le sida, qui se tient tous les deux ans, ont affirmé vendredi les médias australiens. L'édition 2014 démarre dimanche à Melbourne.

Selon ces informations, non confirmées, ces passagers étaient des chercheurs, des praticiens et des activistes spécialisés dans cette maladie et qui devaient prendre un vol pour Melbourne une fois arrivés à Kuala Lumpur.

Parmi eux, le chercheur néerlandais Joep Lange, figure internationale de la lutte contre le sida.

- 'Un meurtre affreux' -

Outre les 154 Néerlandais à bord, l'avion transportait 43 Malaisiens (dont 15 membres d'équipage), 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Allemands, 5 Belges, 3 Philippins, un Canadien, selon le dernier décompte fourni par Malaysia Airlines vendredi matin.

La nationalité des autres passagers était en cours de vérification. "Plusieurs Français pourraient avoir été dans l'avion", selon le président français François Hollande.

Aux Pays-Bas, la presse, "sous le choc", dénonce vendredi "un meurtre affreux" et évoque "une vague de tristesse et de désarroi".

Le crash faisait également la Une de la presse russe, qui s'interroge sur l'identité des responsables de la tragédie. Pour le quotidien Kommersant qui cite une source dans l'aviation russe, Kiev "aurait dû entièrement interdire les vols dans les zones" en proie aux combats dans l'est du pays.

Des messages affichés - et parfois rapidement enlevés - sur des sites internet rebelles et des conversations interceptées par les services de sécurité ukrainiens laissent penser que l'appareil a pu être abattu par erreur par les rebelles, qui l'auraient pris pour un avion militaire ukrainien.

Si jamais cette hypothèse, à traiter avec prudence dans le contexte d'une virulente guerre de propagande et de désinformation, se confirmait, la position des séparatistes et de leur allié Vladimir Poutine se trouverait considérablement affaiblie face à la communauté internationale.

Pour le président russe, c'est l'Ukraine qui "porte la responsabilité de cette terrible tragédie".

Après le décrochage des Bourses européennes et américaines jeudi, à la suite de l'annonce de la catastrophe qui fait craindre une escalade des tensions géopolitiques aux conséquences incertaines pour l'économie mondiale, les places asiatiques cédaient à leur tour du terrain vendredi.

Le pétrole progressait nettement, dopé par les tensions géopolitiques.

L'action de Malaysia Airlines, elle, plongeait à la Bourse de Kuala Lumpur. C'est le deuxième appareil perdu en quatre mois par la compagnie, après le MH370 mystérieusement disparu le 8 mars alors qu'il se rendait à Pékin.

Plusieurs compagnies aériennes asiatiques avaient modifié leur trajectoire depuis plusieurs semaines, afin de ne plus avoir à survoler l'Ukraine, par mesure de sécurité.

Suivez ci-dessous les dernières informations sur le crash: