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Avion/Ukraine: l'OSCE discute avec les séparatistes pour créer un couloir d'accès

18/07/2014 08:26 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe discute avec les séparatistes prorusses en Ukraine de la création d'un couloir d'accès pour permettre aux enquêteurs internationaux de se rendre sur le lieu de l'accident d'avion, a annoncé vendredi le président de l'OSCE à la télévision suisse.

"Nous essayons de créer, et c'est l'objet de discussions maintenant avec les séparatistes, un corridor humanitaire permettant l'accès à cette région pour faire les différents travaux nécessaires et les enquêtes aussi, et puis nous recherchons aussi la possibilité de disposer de la boîte noire actuellement aux mains des séparatistes", a déclaré Didier Burkhalter, chef de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et également président en exercice de la Confédération helvétique.

Il a appelé à la mise sur pied d'une "enquête sérieuse et impartiale".

Deux visioconférences du "groupe de contact" sur l'Ukraine (OSCE, Ukraine, Russie) se sont déroulées dans la nuit de jeudi à vendredi avec la participation des insurgés, et une troisième visioconférence a eu lieu dans la "matinée vendredi", a-t-il précisé.

"Le but vraiment est d'obtenir le corridor humanitaire, le corridor d'accès en fait, cela va aller de Donetsk jusqu'au lieu de l'accident. Il faut pouvoir accéder, faire les travaux et aussi identifier les victimes", a insisté M. Burkhalter.

"Nous avons une équipe d'une trentaine d'observateurs qui sont actuellement en train de se rendre sur place, il y a d'ailleurs à leur tête un Suisse qui est le responsable en second de la mission d'observation en Ukraine, et puis nous essayons de faciliter les travaux d'enquête", a-t-il dit.

La destruction en vol de l'avion malaisien transportant 298 personnes dans une zone ravagée par un conflit suscitait vendredi la consternation de la communauté internationale, Washington appelant à une enquête "sans entrave" alors que des experts américains évoquaient le tir d'un missile.

M. Burkhalter a dit à la télévision suisse RTS avoir, en tant que président suisse, offert à l'Ukraine ses services en matière d'identification des victimes.

"Cela fait des mois que nous disons que dans ce dossier dangereux, terrible pour la région, mais dangereux pour tout le continent, il faut passer de la violence au dialogue", a-t-il souligné, appelant à une "trêve humanitaire".

"Si on pouvait imaginer qu'à cause de cette tragédie on prenne conscience de l'importance d'un cessez-le-feu humanitaire, je pense que ce serait merveilleux en particulier pour toute la population, et spécialement pour les familles et les enfants qui souffrent dans tout l'est de l'Ukraine", a ajouté Burkhalter.

Il s'est également prononcé sur le durcissement des sanctions imposées à Moscou, estimant que "ce n'est pas forcément indispensable de sans cesse ajouter encore quelque part quelque chose qui fait encore plus mal".

M. Burkhalter a finalement relevé que la stratégie de la présidence suisse à la tête de l'OSCE était de privilégier "le dialogue à la place de la violence, le désarmement, la possibilité d'aller dans le sens de ce que demandent les Russes c'est-à-dire une décentralisation du pouvoir en Ukraine (...), un respect des minorités".

Mais, a-t-il conclu, "c'est aux Ukrainiens de décider de leur propre avenir".

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