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Affrontements au Cambodge: l'ONU demande une enquête

18/07/2014 06:46 EDT | Actualisé 17/09/2014 05:12 EDT

Le Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé vendredi la détention de membres de l'opposition au Cambodge et a demandé aux autorités d'enquêter rapidement sur les violents incidents ayant conduit à ces arrestations.

"Nous sommes profondément préoccupés par les violents affrontements qui ont démarré mardi dernier, le 15 juillet, à Freedom Park", lieu privilégié de manifestations dans le centre de la capitale, fermé depuis des mois par les autorités, a déclaré une porte-parole du Haut-commissariat, Ravina Shamdasani, lors d'un point presse.

Des dizaines de personnes ont été blessées, alors que des membres du principal parti de l'opposition s'étaient réunis pour protester contre la fermeture de Freedom Park, a-t-elle déploré.

Les autorités cambodgiennes ont accru jeudi leur pression contre les opposants au Premier ministre Hun Sen, arrêtant deux nouveaux hommes politiques et convoquant pour interrogatoire le numéro deux de l'opposition, selon leur parti.

Mercredi, six membres du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) avaient été placés en détention provisoire et inculpés pour insurrection, une accusation passible de 30 ans de prison dénoncée par les défenseurs des droits de l'Homme.

"Nous sommes particulièrement alarmés par les arrestations de dirigeants du CNRP après les violences. Nous sommes préoccupés par les très graves accusations qui ont été portées contre eux, y compris celle d'+insurrection+, compte tenu des efforts observés par les dirigeants de l'opposition pour calmer les manifestants et arrêter la violence au cours des affrontements", a-t-elle poursuivi.

Le Haut-commissariat demande l'annulation de toutes les charges à caractère politique qui pèsent sur l'opposition.

"Nous exhortons aussi les autorités cambodgiennes à lancer une enquête rapide, effective, impartiale et transparente et de s'assurer que les responsables de ces violents incidents rendent des comptes" à la justice, a souligné Mme Shamdasani.

Le Haut-commissariat appelle par ailleurs toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à reprendre les négociations pour mettre fin à l'impasse politique.

La plupart des membres de l'opposition arrêtés depuis mardi avaient été élus députés du CNRP en juillet 2013, mais refusent depuis de siéger, comme tous leurs collègues de l'opposition qui contestent le résultat de législatives selon eux entachées de fraudes massives.

Le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 1985, est de plus en plus critiqué en raison de la répression ces derniers mois de mouvements de rue, de l'opposition mais aussi d'ouvriers du secteur textile - crucial pour l'économie du pays -, qui réclament de meilleurs salaires.

apo/fw

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