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Un avion de ligne malaisien s'écrase en Ukraine, peut-être abattu, pas de survivants

17/07/2014 01:57 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

Un avion de ligne malaisien s'est écrasé jeudi dans l'Est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses, et le président ukrainien Petro Porochenko n'a pas exclu qu'il ait pu être abattu, tandis qu'aucun survivant n'a été retrouvé.

Des journalistes de l'AFP arrivés sur les lieux du drame n'ont vu aucun signe de survivants dont l'absence a par ailleurs été a été confirmée par plusieurs témoins.

En revanche un grand nombre de corps étaient visibles dans la zone d'impact. Des morceaux du fuselage déchiqueté, dont la queue de l'appareil avec le logo de la compagnie malaisienne, ainsi que des bagages, parsèmaient une vaste zone au village de Grabove, près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk. L'avion, un Boeing 777 transportait 295 personnes.

Des soldats des forces rebelles et des pompiers sont arrivés sur place tandis que le président ukrainien Petro Porochenko n'a pas exclu que l'avion ait pu être abattu alors qu'il survolait une zone contrôlée par les séparatistes prorusses.

Sur son compte Twitter Malaysia Airlines, déjà très éprouvée par la disparition de l'avion assurant le vol MH370 entre Kuala Lumpur et Pékin, avait indiqué avoir "perdu le contact avec le vol MH17 en provenance d'Amsterdam". "La dernière position connue était au-dessus de l'Ukraine", a précisé la compagnie.

L'appareil a disparu des écrans des radars vers 16H20 locales (13H20 GMT) alors qu'il volait à 10.000 mètres d'altitude, puis s'est écrasé près du village de Grabove, aux environs de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, a indiqué l'administration régionale, précisant que le nombre des morts n'était pas encore officiellement établi.

"C'est le troisième cas tragique ces derniers jours, après les avions An-26 et Su-25 des forces armées ukrainiennes abattus depuis le territoire de la Russie", a déclaré M. Porochenko, cité dans un communiqué de la présidence. "Nous n'excluons pas que cet avion (malaisien) ait pu être abattu et nous soulignons que les forces armées ukrainiennes n'ont pas effectué de tirs susceptibles d'atteindre des cibles dans les airs", ajoute-t-il, avant de présenter ses condoléances aux familles des victimes.

- Accusations croisées -

Kiev avait accusé directement la Russie d'avoir abattu son avion de transport militaire An-26, lundi, puis son avion de combat Soukhoï Su-25, mercredi, mais Moscou n'a pas réagi à ces déclarations.

Le "Premier ministre" de la "République populaire de Donetsk" autoproclamée, Alexandre Borodaï, a aussitôt affirmé sur la Première chaîne russe que l'appareil avait été abattu par les forces aériennes ukrainiennes et qu'il s'agissait d'une "provocation délibérée". La même accusation a été affichée peu de temps après sur un site officiel des séparatistes.

L'agence Interfax-Ukraine a indiqué, citant une source dans les forces de l'ordre, qu'un groupe de secouristes du ministère des Situations d'urgence se rendait sur place.

La Premier ministre malaisien Najib Razak a annoncé l'ouverture d'une enquête. Le drame est intervenu alors que la compagnie Malaysia Airlines et le gouvernement malaisien continuent d'enquêter sur la disparition d'un autre avion de ligne, le MH370 dont on est sans nouvelles depuis le 8 mars. L'avion avait 239 passagers à son bord et on suppose qu'il s'est abîmé dans l'Océan Indien.

Le président russe Vladimir Poutine a abordé jeudi au cours d'une conversation téléphonique avec son homologue américain Barack Obama le crash de l'avion de Malaysia Airlines, a annoncé le Kremlin dans un communiqué.

"Le président russe a informé le président des États-Unis d'un rapport des contrôleurs aériens qui est arrivé juste avant leur conversation téléphonique et qui indique qu'un avion malaisien s'est écrasé en Ukraine", est-il écrit dans le communiqué.

Le Premier ministre néerlandais s'est dit "choqué" par la nouvelle.

Le gouvernement français a demandé aux compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien ukrainien.

Wall Street est parti dans le rouge jeudi peu avant la mi-séance, après l'annonce du crash, les investisseurs craignant les conséquences sur l'économie mondiale d'une nette escalade des tensions dans cette région en crise.

"C'est franchement une très mauvaise nouvelle, bien plus que les sanctions occidentales annoncées par Washington", mercredi soir, a réagi Grégori Volokhine, de Meeschaert Financial services.

via-neo/bir

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