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Répression accrue contre l'opposition cambodgienne

17/07/2014 07:16 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

Les autorités cambodgiennes ont accru jeudi leur pression contre les opposants au Premier ministre Hun Sen, arrêtant deux nouveaux hommes politiques et convoquant pour interrogatoire le numéro deux de l'opposition, selon leur parti.

Mercredi, six membres du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) avaient été placés en détention provisoire et inculpés pour insurrection, une accusation passible de 30 ans de prison dénoncée par les défenseurs des droits de l'Homme.

L'affaire est liée à une manifestation mardi pour la réouverture de "Freedom Park", lieu privilégié de manifestations dans le centre de Phnom Penh, fermé depuis des mois par les autorités. Le rassemblement avait dégénéré en affrontements entre militants et gardes de sécurité du parc, faisant des dizaines de blessés.

Deux autres membres de l'opposition ont été arrêtés jeudi et emmenés au quartier général de la police, a précisé à l'AFP le porte-parole du CNRP, Yim Sovann.

"Cette affaire est totalement politique", a-t-il dénoncé. "A coup sûr, cela va tuer la démocratie au Cambodge".

La police n'a pas pu être jointe, mais les avocats du parti ont indiqué que les deux nouvelles personnes arrêtées étaient également accusées d'insurrection.

La plupart des membres de l'opposition arrêtés depuis mardi avaient été élus députés du CNRP en juillet 2013, mais refusent depuis de siéger, comme tous leurs collègues de l'opposition qui contestent le résultat de législatives selon eux entachées de fraudes massives.

Kem Sokha, numéro deux du parti, a de son côté été convoqué par le tribunal de Phnom Penh pour être interrogé dans cette affaire le 25 juillet, selon la convocation vue par l'AFP.

Sur sa page Facebook, il a demandé jeudi à ses partisans d'observer de près la situation et de noter "l'utilisation du pouvoir judiciaire pour menacer des députés élus".

Dans un communiqué publié avant les nouvelles arrestations, Human Rights Watch a de son côté appelé les autorités à "abandonner des accusations fabriquées" contre les six inculpés.

Le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 1985, est de plus en plus critiqué en raison de la répression ces derniers mois de mouvements de rue, de l'opposition mais aussi d'ouvriers du secteur textile - crucial pour l'économie du pays -, qui réclament de meilleurs salaires.

Début janvier, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur des ouvriers du textile en grève, faisant quatre morts. Toute manifestation a ensuite été interdite à Phnom Penh pendant plusieurs semaines, et Freedom Park fermé, avant d'être bloqué par des barbelés en mai.

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