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Israël lance une opération terrestre dans la bande de Gaza: au moins huit morts

17/07/2014 07:44 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

GAZA, Territoire palestinien - Des milliers de soldats israéliens appuyés par des chars sont entrés dans la bande de Gaza, jeudi soir, intensifiant les opérations militaires en cours depuis dix jours pour détruire l'arsenal du Hamas, ses capacités de tirer des roquettes et ses tunnels secrets menant au territoire israélien.

Le déclenchement de l'opération terrestre survient après plusieurs jours d'affrontements intenses entre Israël et le Hamas. En dix jours, l'armée israélienne a visé plus de 2000 cibles dans la bande de Gaza, tandis que le Hamas a tiré plus de 1500 roquettes en Israël.

L'armée israélienne a affirmé que l'objectif de l'offensive terrestre était «d'infliger un choc significatif à l'infrastructure terroriste du Hamas». Mais l'offensive terrestre pourrait rapidement plonger Israël dans un imbroglio militaire et politique, en particulier si elle cause la mort d'autres civils palestiniens.

Plus de 240 Palestiniens ont perdu la vie dans les raids aériens des derniers jours, dont 14 enfants âgés de moins de 12 ans tués depuis deux jours, selon les responsables de la santé dans la bande de Gaza. Un Israélien a été tué et plusieurs autres ont été blessés par des tirs de roquette depuis le 8 juillet.

L'opération terrestre, lancée vers 22 h (heure locale) jeudi soir, a déjà fait huit morts du côté palestinien, dont un garçon âgé de trois mois, touché par un obus tombé sur la tente bédouine de sa famille dans le sud de la bande de Gaza. Le corps a été évacué sur une charrette tirée par un âne parce que les tirs dans le secteur étaient trop intenses pour qu'une ambulance puisse s'y rendre.

En milieu de soirée, jeudi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a rappelé que le Canada appuyait le droit d'Israël de se défendre par lui-même, et qu'Israël «sera forcé de continuer à se défendre, tant et aussi longtemps que le Hamas poursuivra ses tirs de roquettes contre des civils», a-t-il affirmé.

«Ces opérations auraient pu être évitées si le Hamas n'avait pas rejeté la proposition de cessez-le-feu du gouvernement égyptien — une proposition qui avait été acceptée par Israël et bien accueillie par l'Autorité palestinienne. Cela prouve que le Hamas ne souhaite pas la paix et qu'il porte la responsabilité de toute nouvelle perte tragique de vies humaines», a déclaré M. Baird, dans un communiqué.

«Dans la région, a enchaîné le ministre, l'Égypte est le pays le mieux placé pour contribuer à la fin des hostilités actuelles. Ce pays a joué un rôle historique de leader dans les efforts de paix régionaux; au fil des années, il a négocié avec succès de nombreuses ententes de cessez-le-feu. L'initiative actuelle de l'Égypte est la seule proposition sérieuse de cessez-le-feu sur la table», a conclu M. Baird.

Le Hamas a adopté un ton défiant face à l'offensive israélienne. Un porte-parole, Fawzi Barhoum, a déclaré qu'Israël «paierait chèrement» la première offensive terrestre majeure dans la bande de Gaza depuis 2009. Le Hamas est prêt à la confrontation, a-t-il dit.

Le bureau du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré que le lancement de l'opération terrestre avait été décidé après que le Hamas eut rejeté le plan de cessez-le-feu proposé par l'Égypte plus tôt cette semaine. L'offensive survient également après que des militants du Hamas eurent tenté de s'infiltrer en Israël à partir d'un tunnel secret, jeudi.

Des milliers de soldats israéliens étaient postés le long de la frontière de la bande de Gaza depuis plusieurs jours en attendant l'ordre d'entrer dans l'enclave palestinienne. L'armée israélienne avait initialement appelé 48 000 réservistes, mais jeudi soir, le cabinet a autorisé la mobilisation de 18 000 réservistes supplémentaires.

Un porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Peter Lerner, a déclaré qu'il s'agissait d'une opération à durée indéterminée menée sur plusieurs fronts.

«Nous frapperons les infrastructures», a-t-il affirmé. «Nous frapperons les agents (du Hamas) afin de protéger les civils de l'État d'Israël, en particulier en ce qui concerne la question des tunnels, dont un exemple a été donné plus tôt aujourd'hui.»

Le porte-parole en chef de l'armée israélienne, le brigadier-général Motti Almoz, a appelé les résidants de Gaza à évacuer les zones visées, en prévenant que «l'armée opère avec beaucoup de force».

Alors que les troupes investissaient le petit territoire, le bruit sourd des obus tirés par des chars pouvait être entendu à intervalle de quelques secondes à travers la ville de Gaza.

Un responsable des opérations de sécurité dans la bande de Gaza a déclaré que toutes les frontières de l'enclave étaient pilonnées, et que des combattants du Hamas échangeaient des tirs avec des soldats israéliens près de Beit Hanoun, dans le nord du territoire.

«Des chars tirent des obus chaque minute», a déclaré ce responsable sous le couvert de l'anonymat. «Il y a aussi des tirs venant de la mer en direction des postes de contrôle de la police.»

Un résidant de Beit Lahiya, Jamal Abu Samra, a déclaré que ses proches et lui s'étaient rassemblés au rez-de-chaussée de sa maison pour se protéger du pilonnage. Il a précisé qu'en plus de sa femme et de leurs six enfants, plus d'une vingtaine de membre de sa famille élargie avaient trouvé refuge dans sa maison.

«Nous n'avons plus d'électricité depuis l'après-midi, alors nous écoutons la radio (à piles) pour entendre les nouvelles», a indiqué M. Samra.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a critiqué l'offensive terrestre. «J'exhorte Israël à en faire plus pour éviter les victimes civiles», a déclaré M. Ban. «Il ne peut y avoir de solution militaire à ce conflit.»

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