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Écrasement d'un avion de Malaysia Airlines en Ukraine : les Pays-Bas sont en deuil

17/07/2014 06:17 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Man places a flower tribute at the Dutch embassy to commemorate victims of Malaysia Airlines plane crash in Kiev, Ukraine, Thursday, July 17, 2014. A Malaysian Airlines passenger jet was shot down in eastern Ukraine on Thursday, and both the Ukrainian government and pro-Russian rebels blamed one another for the attack. (AP Photo/Sergei Chuzavkov)

Les Pays-Bas étaient "en deuil" jeudi après la chute en Ukraine d'un avion de ligne malaisien en provenance d'Amsterdam-Schiphol avec près de 300 personnes à son bord, dont au moins 154 Néerlandais.

Une centaine de proches des victimes, les larmes aux yeux, ont été rassemblés jeudi soir dans un restaurant, inaccessible à la presse, de l'aéroport néerlandais, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un officier de la gendarmerie néerlandaise a indiqué à l'AFP que les proches des victimes étaient "protégés" des nombreux médias présents sur place. De fait, les gendarmes empêchaient physiquement les journalistes de s'approcher des membres des familles des victimes.

Une fois le rassemblement achevé, ils ont été emmenés dans deux autocars dont la destination n'a pas été divulguée.

Un Boeing 777 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines s'est écrasé jeudi avec 298 personnes à son bord dans l'est de l'Ukraine, dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses. Aucun survivant n'a été retrouvé.

Selon des responsables américains, l'avion a été abattu par un missile sol-air. L'appareil avait quitté Amsterdam-Schiphol vers 12H15 (10H15 GMT).

Les autorités de Kiev et les rebelles se sont immédiatement mutuellement accusés d'être à l'origine d'un tir supposé avoir causé la catastrophe, sans qu'aucun élément matériel ne permette d'étayer solidement une de ces thèses opposées.

Les proches des victimes pourront se rendre sur les lieux de l'accident, à une date encore non déterminée, grâce à un avion au départ d'Amsterdam affrété par Malaysia Airlines, a pour sa part assuré Huib Gorter, vice-président de la branche européenne de la compagnie aérienne malaisienne.

"Drapeaux en berne"

Sur les 298 victimes, les Pays-Bas ont payé le plus lourd tribu : au moins 154 ressortissants néerlandais se trouvaient à bord du Boeing 777.

"Je suis profondément attristé par cette horrible nouvelle", a déclaré le roi des Pays-Bas Willem-Alexander, cité dans un communiqué : "nos pensées vont vers les familles, amis et collègues des victimes, tout comme vers ceux qui ne savent pas encore si un de leurs proches se trouvait à bord de l'appareil".

Willem-Alexander, son épouse Maxima et leurs trois filles devaient participer vendredi à une session photo pour la presse néerlandaise. Elle a été annulée en raison du crash.

Le gouvernement néerlandais a en outre ordonné que les drapeaux soient mis en berne vendredi sur tous les bâtiments publics, et ce même dans les ambassades des Pays-Bas à travers le monde.

"Je suis profondément choqué", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte : "tout le monde aux Pays-Bas est en deuil".

En déplacement à Bruxelles, il est revenu directement aux Pays-Bas pour "gérer la situation" et s'est rendu à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol avant d'aller à La Haye, ville où siège le gouvernement.

Le ministre néerlandais de la Justice Ivo Opstelten s'est lui aussi dit "choqué" par les images de la carcasse de l'avion diffusées en boucle par les chaînes de télévision néerlandaises. "Les images que j'ai vues sont horribles".

Les chaînes de télévision ont notamment montré des passeports néerlandais retrouvés sur place, notamment des passeports d'enfants.

"Je vais prendre mon avion"

Ce crash d'avion est le deuxième plus meurtrier de l'histoire des Pays-Bas, selon l'agence de presse néerlandaise ANP : en 1977, deux Boeings 747 entrent en collision à l'aéroport de Ténérife, dans les Iles Canaries, faisant 583 morts, dont 238 Néerlandais.

Plus récemment, en mai 2010, un Airbus A330 s'écrase à Tripoli, la capitale libyenne, faisant 103 morts, dont 70 Néerlandais. Le seul survivant de la catastrophe est un garçon néerlandais ayant alors 9 ans.

A l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol, d'autres voyageurs devant partir pour Kuala Lumpur plus tard dans la soirée étaient choqués par la nouvelle, mais semblaient décidés à prendre leur avion malgré tout.

"Je suis super choquée", a assuré à l'AFP Asri Strankina : "mais je vais prendre mon avion, je suis sûre que les compagnies aériennes ont pris des précautions".

Un autre passager, souhaitant garder l'anonymat, s'est pour sa part exclamé : "la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit".

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