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Éducation: l'impasse persiste entre Ottawa et les Premières Nations

17/07/2014 03:31 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

HALIFAX - L'avenir du projet de loi sur la réforme du système d'éducation autochtone est hautement incertain, peut-on conclure à la lumière des résolutions adoptées par l'Assemblée des Premières Nations (APN) lors de son Assemblée générale annuelle, qui s'est conclue jeudi.

Les leaders autochtones ont réitéré leur opposition à la réforme proposée par Ottawa et de nouveau demandé son abandon, tout en signalant leur volonté de discuter avec le gouvernement fédéral.

Après avoir étudié plusieurs contre-propositions dans le cadre de cette rencontre annuelle, qui se tenait cette année à Halifax, les leaders autochtones ont choisi de garder la même position — celle d'exiger le retrait du projet de loi C-33.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé que le projet de loi «sur le contrôle par les Premières Nations de leur système d'éducation» était suspendu.

Il en va de même des sommes d'argent qui y étaient destinées, en raison de la grogne que le projet de loi a suscité chez plusieurs représentants autochtones.

Mais selon le chef intérimaire de l'APN, Ghislain Picard, la suspension ne va pas suffisamment loin aux yeux de plusieurs leaders autochtones.

«Il doit y avoir un signal clair à l'effet que le projet de loi sera retiré», a-t-il affirmé.

Le projet de loi — et le 1,9 milliard $ en fonds additionnels qui l'accompagne — a profondément divisé les communautés autochtones du Canada.

Alors que certains y voient une opportunité d'améliorer le sort des jeunes, d'autres le considèrent comme une façon pour le gouvernement de s'ingérer démesurément dans les affaires des Premières Nations.

Le gel du financement découlant de la suspension du processus législatif a provoqué beaucoup de frustration chez les leaders autochtones.

«Ils (le gouvernement) ont la responsabilité d'offrir une éducation à nos enfants et ils doivent commencer à changer d'attitude, être plus conciliants et travailler de concert avec nous», a exposé Ava Hills, chef des Six Nations du territoire de Grand River, en Ontario.

«Si le ministre (des Affaires autochtones) Bernard Valcourt a sérieusement l'intention de faire quelque chose, il devrait être ouvert à l'idée de s'asseoir avec nous», a-t-elle ajouté.

Les leaders autochtones ont appuyé jeudi une résolution visant la reprise des négociations avec Ottawa, afin de tenter de faire avancer le dossier de la réforme de l'éducation des Premières Nations.

Le projet de loi du gouvernement conservateur suscite la controverse au sein des communautés autochtones depuis son dépôt en avril dernier par le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt.

L'ancien chef de l'APN Shawn Atleo avait fait des déclarations qui semblaient témoigner de son soutien face à la réforme proposée. Il a démissionné de son poste le 2 mai dernier, disant ne pas vouloir être un obstacle ou un «paratonnerre qui détournerait l'attention que l'on doit avoir pour les enfants et leur potentiel».

L'APN élira son nouveau chef en décembre, lors d'une assemblée extraordinaire des chefs à Winnipeg.

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