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Des analystes doutent de l'avenir du détaillant Target au Canada

17/07/2014 03:35 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

TORONTO - Certains analystes doutent de l'avenir de Target au Canada, le géant américain du détail ayant raté son lancement au pays et peinant à s'en remettre.

Michael Exstein, analyste de Credit Suisse à New York, a récemment affirmé dans une note envoyée à des clients que Target devrait «décider d'une façon ou d'une autre s'il vaut la peine de détourner temps et argent de l'entreprise américaine pour le Canada».

«Nous croyons qu'il pourrait être plus prudent pour Target de réduire ses pertes et de consacrer 100 pour cent de ses ressources aux États-Unis, qui représentent plus de 97 pour cent des ventes actuelles de l'entreprise», a écrit M. Exstein.

«Si Target existe au Canada en 2015, nous estimons qu'il encourra des charges de 3,5 milliards $, mais qu'il générera un produit en espèces de 1 milliard $ US. Nous estimons que Target subira une perte de valeur de près de 10 pour cent et la plus importante baisse de FTD (flux de trésorerie disponible) depuis 2007», a-t-il ajouté.

L'arrivée de Target au Canada, l'an dernier, était grandement attendue, mais l'enthousiasme des consommateurs s'est rapidement atténué lorsqu'ils se sont retrouvés face à des tablettes vides et ont réalisé que les prix étaient plus élevés que dans les magasins américains.

Avant Noël, le détaillant a également dû faire face aux retombées d'une importante brèche de sécurité ayant menacé les données de carte de crédit et les renseignements personnels de millions de consommateurs, pour la plupart aux États-Unis. L'incident a terni la réputation de Target et causé la perte de son président et chef de la direction, Gregg Steinhafel, chassé de son poste.

Pendant que la chaîne de magasins peinait à s'implanter au pays, le président et chef de la direction de Target Canada, Tony Fisher, a également quitté l'entreprise. Il a été remplacé par Mark Schindele.

Le chef de la direction par intérim de Target, John Mulligan, a affirmé que le détaillant était déterminé à demeurer au Canada. À la suite du départ de M. Steinhafel, l'entreprise est retournée à la planche à dessin afin d'échafauder de nouvelles stratégies, a-t-il d'ailleurs précisé.

Target a également reconnu avoir «déçu» les Canadiens et est même allé jusqu'à leur présenter ses excuses sur YouTube avec une vidéo d'employés parlant des problèmes auxquels a fait face le détaillant et promettant des solutions.

Faye Landes, analyste chez Cowen and Company, a affirmé dans une note envoyée en mai à des clients que les dirigeants de Target donnaient aux analystes l'impression qu'ils cherchaient à redresser la situation au Canada.

«Tout ce qui a un lien avec cette entreprise est 'sur la table', incluant l'immobilier», a-t-elle écrit.

M. Exstein a cependant fait remarquer que les dépenses en capital et les pertes après impôt de Target Canada atteindraient possiblement quelque 6 milliards $ d'ici la fin de 2014, et il a observé qu'un redressement prendrait au moins plusieurs années.

Pour y arriver, Target devra trouver une solution à ses problèmes d'approvisionnement et de stockage, investir dans les prix, en plus de rétablir sa réputation auprès des consommateurs canadiens, a affirmé l'analyste.

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