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Combats à l'aéroport de Tripoli: les islamistes reçoivent un important soutien

17/07/2014 10:29 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

Les puissantes brigades de la ville libyenne de Misrata ont annoncé jeudi qu'elles s'engageaient aux côtés des milices islamistes qui tentent de prendre le contrôle de l'aéroport de Tripoli, tenu par un autre groupe armé, selon un communiqué des dirigeants locaux de Misrata.

Lancée dimanche, l'offensive contre l'aéroport --fermé pour une durée indéterminée--, vise à chasser les brigades de la ville de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli), considérées comme le bras armé du courant national (libéral).

Zenten et Misrata (200 km à l'est de Tripoli) ont participé activement à la révolte de 2011 contre Mouammar Kadhafi. Mais après la chute du dirigeant libyen, des rivalités les ont opposées.

Alors que les combats autour de l'aéroport ont baissé en intensité jeudi, les rues de Tripoli étaient quasiment vides. La plupart des échoppes, banques et stations-services étaient fermées.

L'annonce des Misratis ravive les craintes d'un conflit plus large dans la capitale alors que le pays attend toujours la proclamation des résultats des législatives du 25 juin.

Selon des observateurs, le courant libéral aurait remporté plus de sièges que les islamistes, et les combats de Tripoli s'inscrivent dans le cadre d'une lutte d'influence entre les deux camps.

Farouche rivaux des Zentanis, les Misratis avaient gardé jusqu'ici une neutralité relative dans le conflit, malgré la participation aux combats d'au moins une milice misratie aux côtés des islamistes.

Dans un communiqué lu sur leur télévision locale, les dirigeants misratis ont décrit les combats autour de l'aéroport comme une "bataille des révolutionnaires (...) contre les fidèles de l'ancien régime" de Mouammar Kadhafi.

Les milices islamistes et de Misrata accusent en effet les brigades de Zenten, Al-Sawaeq et Al-Qaaqaa, de compter dans leurs rangs des soldats et officiers de l'ancienne armée fidèle à Kadhafi.

Les dirigeants de Misrata ont par ailleurs dénoncé les déclarations du gouvernement qui a affirmé en début de semaine examiner la possibilité de faire appel à des forces internationales pour rétablir la sécurité dans le pays, où les milices font la loi, faute de forces de l'ordre organisées et efficaces.

Une alliance de brigades misratis et de villes voisines, installée dans le sud de Tripoli depuis mai, a bénéficié mercredi et jeudi de l'arrivée de renforts de Misrata, selon des témoins.

Le ministère de la Santé a fait état dimanche d'un mort et six blessés dans les combats mais n'a pas donné de bilan depuis. En quatre jours, plus d'une dizaine d'avions et plusieurs installations ont été endommagés à l'aéroport.

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