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Afrique du Sud: la banque centrale augmente son taux de base à 5,75%

17/07/2014 10:15 EDT | Actualisé 16/09/2014 05:12 EDT

La banque centrale sud-africaine a augmenté jeudi son taux de base d'un quart de point à 5,75% afin de lutter contre l'inflation, bien que la croissance économique du pays soit de plus en plus faible.

"Les perspectives de croissance économique se sont détériorées sur fond de grèves prolongées dans les secteurs des mines et de l'industrie manufacturière. L'économie s'est contractée au 1er trimestre 2014 et les perspectives de croissance pour le reste de l'année restent sombres, alors que la confiance des entreprises est faible", a relevé Gill Marcus, la gouverneure de la Banque de réserve d'Afrique du Sud.

Après une croissance négative de -0,6% au 1er trimestre, "le 2e trimestre devrait être faiblement positif", à cause de la longue grève des principales mines de platine qui n'a pris fin qu'en juin après cinq mois et a privé le pays de 2 milliards de dollars d'exportations rien qu'en avril et mai, a-t-elle noté.

Une nouvelle grève --dans la sidérurgie et les industries mécaniques-- ayant succédé à la précédente, la banque centrale a encore revu ses prévisions à la baisse.

Elle ne compte plus cette année que sur une croissance de 1,7%, contre 2,1% attendus précédemment (et 2,8% au début de l'année). Le pronostic pour 2015 est aussi revu à la baisse à 2,9% contre 3,1%, de même que pour 2016 (3,2% au lieu de 3,4%).

Ces chiffres sont très inférieurs à ceux du reste de la région, le FMI prévoyant une croissance de 5,4% pour l'Afrique subsaharienne en 2014 et 5,5% en 2015.

La croissance sud-africaine avait déjà régulièrement baissé ces dernières années, de 3,6% en 2011 à 2,5% en 2012 puis 1,9% en 2013.

"Le comité de politique monétaire fait face à un dilemme de plus en plus difficile: augmenter l'inflation ou faire baisser la croissance", a expliqué Mme Marcus. "La politique monétaire ne doit pas être vue comme le moteur de la croissance de l'économie", a-t-elle ajouté.

La banque centrale s'inquiète pour l'inflation, principalement alimentée par la baisse du rand et la hausse des prix de l'alimentation. A 6,6% en mai, elle est nettement au-dessus de la fourchette de l'institut d'émission sud-africain, qui veut voir les prix à la consommation augmenter de 3 à 6% par an.

La banque a aussi revu à la hausse ses prévisions en la matière, tablant désormais sur un taux d'inflation moyen de 6,3% cette année --un pic étant attendu à 6,6% au quatrième trimestre--, avant une décrue à 5,9% en 2015 et 5,6% en 2016.

La gouverneure, qui avait déjà prévenu en mai que la banque centrale était entrée "dans un cycle de hausse des taux d'intérêt", a remarqué que le taux de 5,75% était encore inférieur à l'inflation.

L'Afrique du Sud, dont l'économie peine à décoller, aurait besoin selon la plupart des économistes d'une croissance de 6 à 7% pendant plusieurs années pour donner du travail à ses millions de chômeurs, qui représentent officiellement le quart de la population active --et beaucoup plus si on prend en compte ceux qui ont renoncé à chercher du travail.

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