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Sommet européen en forme de casse-tête sur les hauts postes de l'UE

16/07/2014 12:46 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Les dirigeants européens se sont retrouvés mercredi en fin de journée pour s'entendre sur les nominations aux hauts postes de l'UE, un casse-tête si compliqué qu'ils pourraient devoir s'y reprendre à deux fois.

"Il peut très bien n'y avoir qu'une première discussion, et que les décisions ne soient pas prises dès aujourd'hui", a prévenu à son arrivée au sommet la chancelière allemande Angela Merkel.

"Je suis favorable à ce que nous mettions au clair les questions qui restent ouvertes. Est-ce que nous y parviendrons aujourd'hui? Je ne pense pas, mais nous verrons bien", a-t-elle ajouté.

L'équation est particulièrement complexe. L'attribution des deux postes de chef de la diplomatie de l'UE et de président du Conseil répond à des équilibres droite-gauche, nord-sud/est-ouest, mais aussi hommes-femmes.

M. Van Rompuy a été chargé de proposer un "paquet" comprenant aussi une présidence permanente de l'Eurogroupe, qui doit revenir au ministre espagnol de l'Economie, le conservateur Luis de Guindos.

Mais les Etats vont plus loin et mettent aussi dans la balance le portefeuille qu'ils souhaitent décrocher au sein de la Commission, faisant ainsi monter les enchères.

"Ce qui compte pour la France, c'est moins les personnes que les orientations et les objectifs", a affirmé le président français François Hollande. "Il y aura la composition de la Commission européenne et la France aura aussi des objectifs à atteindre. Ce que nous voulons c'est peser sur l'orientation économique de l'Europe", a-t-il ajouté à son arrivée.

Mme Merkel et M. Hollande sont arrivés largement en avance par rapport au début officiel du sommet, prévu à 18H00 GMT. D'intenses tractations se poursuivaient donc entre les principaux acteurs.

La première case à cocher est celle de Haut représentant pour les Affaires extérieures, alors que les crises s'aggravent en Ukraine et au Proche-Orient. Les dirigeants européens devraient d'ailleurs décider mercredi soir de durcir les sanctions contre la Russie, en ajoutant de nouveaux noms à sa liste et en gelant des programmes menés par la BEI et la BERD, mais sans aller jusqu'à des mesures économiques d'envergure.

- "Neutralité et expérience" -

"Nous estimons que la contribution russe à la paix est insuffisante", a regretté Mme Merkel. "Les otages n'ont pas été libérés, le contrôle des frontières n'est pas établi et le groupe de contact ne fonctionne pas", a-t-elle souligné.

Dans ce contexte international difficile, la volonté de l'Italie d'obtenir le poste de chef de la diplomatie de l'UE pour sa jeune ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, se heurte à forte résistance.

Les pays baltes et la Pologne s'y opposent en raison de la position de Rome jugée trop favorable à Moscou. La présidente lituanienne, Dalia Grybauskaité, a posé mercredi matin deux exigences: "neutralité" et "expérience en politique étrangère".

M. Juncker, qui doit être consulté sur ce poste de premier vice-président de sa Commission, ne semble pas non plus emballé par Mme Mogherini, appelant de ses voeux "une personnalité respectée et expérimentée".

C'est le cas de l'autre candidate, la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle commissaire à l'Aide humanitaire. Ancienne de la Banque mondiale, cette femme énergique et passionnée est apparentée à la droite modérée du PPE, alors que le poste semblait promis à la gauche. Mais elle a pour elle l'expérience et vient de l'Europe de l'Est, qui doit être prise en compte dans l'équilibre général des nominations.

La gauche revendique les deux postes de la diplomatie et du Conseil. Selon le président du groupe socialiste au Parlement, Gianni Pittella, les socialistes soutiennent la candidature de Mme Mogherini et de la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt.

Mais le président du Parlement, Martin Schulz, s'est montré plus prudent sur cette dernière. Social-démocrate scandinave acceptable tant par Angela Merkel que par David Cameron, cette belle femme blonde pourrait devenir l'atout-charme de l'Europe.

La droite n'est pas prête à laisser échapper ce poste d'influence. Elle regorge de candidats, même si la plupart s'en défendent, des Premiers ministres néerlandais Mark Rutte, polonais Donald Tusk et irlandais Enda Kenny aux anciens chefs de gouvernement letton Valdis Dombrovskis et estonien Andrus Ansip.

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