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Nigeria: les proches des lycéennes de Chibok trouvent blessante la réaction du président Jonathan

16/07/2014 08:29 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Les familles des plus de 200 lycéennes nigérianes détenues par les islamistes de Boko Haram ont jugé mercredi blessante la proposition du président Goodluck Jonathan de ne rencontrer que quelques-uns d'entre eux, plus de trois mois après l'enlèvement des adolescentes.

Le président nigérian n'a encore jamais rencontré les proches des captives, enlevées par le groupe armé le 14 avril dans leur lycée de Chibok (nord-est).

Après la visite de la jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai, qui a exhorté cette semaine M. Jonathan à rencontrer des parents et certaines jeunes filles ayant échappé à leurs ravisseurs, une délégation avait été invitée à la présidence mardi. Mais la rencontre a été annulée à la dernière minute, la présidence déclarant que les proches des victimes de Chibok avaient été manipulés par des militants se servant du sort des captives "pour faire de la politique".

"C'est vraiment embarrassant que le président ait attendu que Malala vienne jusqu'au Nigeria pour le convaincre de nous rencontrer, trois mois après l'attaque", a déclaré Dauda Iliya, un membre du conseil des anciens de Chibok.

"Nous méritons une visite du président", et s'il ne peut pas se rendre dans la petite ville reculée du Nord-Est pour des raisons de sécurité, il peut faire venir "les 219 mères (des captives) pour qu'elles le rencontrent. Cette rencontre ne devrait pas être sélective", a-t-il ajouté.

M. Jonathan avait prévu une visite à Chibok en mai, qu'il avait annulée à la dernière minute sans donner d'explication.

"Cela fait plus de trois mois que nous prions pour que Goodluck vienne voir ce qui nous est arrivé et qu'il voie comme on pleure", a déclaré Ayuba Chibok, dont les nièces ont été enlevées.

"Si le gouverneur (Kashim Shettima, de l'Etat de Borno) a pu venir et repartir en toute sécurité, pourquoi le président ne peut-il pas faire de même, avec tous ses hélicoptères?", s'est-il indigné.

Une petite délégation de parents et de jeunes filles ayant échappé à leurs ravisseurs s'était rendue à Abuja pour rencontrer Malala lundi - ce sont eux que M. Jonathan avait proposé de rencontrer mardi.

Les habitants de Chibok avouent qu'ils auraient mal réagi si cette délégation avait accepté de rencontrer le président sans le reste de la communauté.

Les autorités nigérianes ont été très critiquées pour leur manque de réactivité dans les jours qui ont suivi l'enlèvement de Chibok.

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