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Les Pays-Bas en partie responsables de la mort de 300 musulmans en Bosnie en 95

16/07/2014 03:39 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

LA HAYE, Pays-Bas - Un tribunal civil a ordonné mercredi aux Pays-Bas de verser des compensations aux familles de plus de 300 musulmans tués après que les Casques bleus néerlandais les eurent remis aux forces serbes de Bosnie en 1995, une décision qui pourrait ralentir les ardeurs des pays à contribuer aux missions de maintien de la paix dans le monde.

La cour civile de La Haye a par ailleurs blanchi les Pays-Bas de toute responsabilité dans le massacre de près de 8000 autres personnes, indiquant que même si elles souhaitaient obtenir la protection des Nations unies à Srebrenica, elles n'ont jamais été directement sous la garde des troupes néerlandaises.

Cependant, ce jugement pourrait aller en appel, ce qui signifie que le chapitre noir de l'histoire des Pays-Bas sur son rôle dans le pire massacre en sol européen depuis la Deuxième Guerre mondiale pourrait s'étirer encore un peu.

La cour a jugé que les troupes néerlandaises de maintien de la paix auraient pu protéger les 300 hommes et garçons qui faisaient partie d'un groupe de milliers de Bosniens musulmans (dits «Bosniaques») — surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées — qui s'étaient réfugiés dans le camp néerlandais à l'intérieur de la zone de sécurité des Nations unies à Srebrenica.

Les Néerlandais ont remis ces personnes aux soldats bosniens serbes deux jours après la chute de la ville. Les troupes bosniennes ont ensuite massacré les hommes et les garçons musulmans, qui «auraient survécu si le bataillon néerlandais avait agi correctement», a dit la juge présidente, Larissa Alwin.

La cour a toutefois indiqué que les Pays-Bas n'étaient pas responsables des personnes réfugiées dans la ville mais qui ne se trouvaient pas dans le camp néerlandais. Des milliers d'autres musulmans ont fui en direction des forêts quand la ville est tombée, mais ils ont ensuite été encerclés et tués par les forces serbes.

Lors d'une audience à laquelle une poignée de proches des victimes a assisté, la juge Alwin a dit que les Casques bleus auraient dû savoir que les hommes récupérés dans le camp allaient être massacrés, car il existait déjà des preuves que les Serbes commettaient des crimes de guerre.

La cour n'a pas mentionné de chiffres sur la compensation qu'allaient recevoir les familles. Elle sera négociée entre les avocats et le gouvernement une fois que le processus d'appel sera terminé.

Un avocat des proches des familles, Marco Gerritsen, a indiqué qu'il allait étudier le jugement de 89 pages avant de décider s'il tenterait d'en appeler.

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