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Le Canada enverra la plus jeune équipe de son histoire au Mondial U-20 féminin

16/07/2014 05:05 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'équipe canadienne qui sera l'hôte de la Coupe du monde U-20 de soccer féminin, le mois prochain, sera la plus jeune dans l'histoire du soccer au Canada à participer à un tournoi mondial des moins de 20 ans.

Ce sera aussi une des quatre ou cinq plus jeunes équipes à avoir participé à l'une ou l'autre des Coupes du monde U-20 ou U-19 depuis qu'on a commencé à disputer ce tournoi chez les femmes d'âge junior.

La pratique courante est d'aligner des joueuses qui se rapprochent le plus possible de la limite d'âge afin d'accroître les chances de victoire. Mais Soccer Canada, à l'instar de quelques autres pays à l'avant-garde, préfère penser davantage à long terme.

C'est ce qui a amené le Montréalais Andrew Olivieri, l'entraîneur-chef de l'équipe canadienne U-20 féminin, à choisir seulement quatre joueuses nées en 1994 au sein de la formation finale de 21 athlètes qui a été dévoilée, mercredi, à Toronto. Huit sont nées l'année précédente, tandis que neuf autres sont plus jeunes encore.

«Si on a une équipe aussi jeune, c'est parce que ça fait partie de notre vision, qui est de travailler avec les joueuses qui ont un véritable potentiel pour jouer avec l'équipe nationale senior un jour», a indiqué Olivieri en entrevue téléphonique, mercredi, quelques minutes avant d'accompagner son équipe au Mexique, où aura lieu un camp d'entraînement d'un peu moins d'une semaine.

«Les statistiques montrent qu'il y a généralement seulement trois ou quatre jeunes par catégorie d'âge qui joueront pour l'équipe senior un jour. Avoir 20 joueuses de 20 ans n'est pas réaliste pour assurer le bon développement de nos meilleures joueuses», a expliqué Olivieri, un ancien gardien de but de l'Impact de Montréal.

«Parfois, pour gagner tout de suite, il faut sacrifier le développement de certaines joueuses. Mais notre approche actuelle va nous permettre de mieux développer les joueuses qui ont un grand potentiel, mais dont le talent va éclore seulement dans quelques années.»

Olivieri, sous l'impulsion de John Herdman, entraîneur-chef de l'équipe canadienne senior, s'est donc vu confier le mandat de fournir avant tout des joueuses à l'équipe nationale senior — qui, elle, a la victoire comme objectif ultime. Il aurait été suicidaire de tout mettre en oeuvre pour tenter de remporter le Mondial U-20 cette année, puisque ça aurait saboté les visées de développement à long terme sans garantie que ça rapporte à court terme.

«Gagner la Coupe du monde U-20 n'est pas réaliste pour le Canada présentement, a souligné Olivieri. Le Canada est seulement allé une fois en finale dans les tournois U-20 jusqu'ici, et c'était en 2002. On vise d'aller en quarts de finale et d'y gagner, ce qui est déjà un objectif ambitieux.»

Et si le Canada vise la victoire en quarts, c'est parce que cela lui assurera une place en demi-finale et dans l'une ou l'autre des finales. La sélection canadienne disputerait donc le maximum possible de six matchs, ce qui permettrait aux joueuses d'emmagasiner le maximum d'expérience internationale.

Olivieri a retenu cinq Québécoises au sein de sa formation de 21 joueuses, dont quatre évoluent avec les Comètes de Laval dans la W-League. Il s'agit du défenseur Kylie Davis, de l'Île-Bizard, du milieu de terrain Vanessa Grégoire, de Pointe-Claire, ainsi que des attaquantes Amandine Pierre-Louis, de Laval, et Valérie Sanderson, de Deux-Montagnes. La cinquième joueuse est Marie-Joëlle Vandal, gardien de but chez le Dynamo de Québec, l'autre club québécois qui évolue dans la W-League.

Avec quatre joueuses retenues, les Comètes sont le club le mieux représenté au sein de la formation canadienne.

«C'est inspirant de nous voir, les quatre, se suivre comme ça d'un niveau à l'autre, et de voir qu'on est rendues au plus haut niveau, a commenté Sanderson. C'est vraiment motivant.»

Le Mondial U-20 féminin commencera avec des matchs à Toronto et Edmonton le 5 août, et se terminera avec les deux finales au Stade olympique à Montréal, le 24 août.

L'équipe canadienne affrontera le Ghana dans le groupe A le 5 août à BMO Field, puis la Finlande à Toronto trois jours plus tard avant de se déplacer à Montréal en vue d'un duel contre la Corée du Nord, le 12 août.

Avant cela, Montréal sera le théâtre de programmes doubles impliquant la France, la Nouvelle-Zélande, le Paraguay et le Costa Rica, les 6 et 9 août. Un match des quarts de finale et un autre de demi-finale seront également disputés au Stade olympique.

Les billets se vendent déjà bien pour la journée des finales de première et troisième places, ainsi que pour celui du 12 août, a fait savoir Francis Millien, président du comité organisateur montréalais.

«Il y a un plus grand intérêt pour ces journées-là, a dit Millien lors d'un entretien téléphonique. Et la vente va s'accélérer maintenant que les gens vont tourner leur attention, qui était centrée sur la Coupe du monde au Brésil, vers autre chose.»

L'équipe canadienne disputera deux matchs préparatoires contre la sélection mexicaine U-20 pendant son séjour au Mexique. La formation d'Olivieri affrontera aussi l'Angleterre en match amical à son retour en sol canadien.

La Coupe du monde U-20 de soccer féminin servira par ailleurs de prélude à la Coupe du monde de soccer féminin senior, qui aura également lieu au Canada l'année prochaine.

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