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Kenya: le parquet veut un nouveau délai pour présenter son dossier contre le gouverneur de Lamu

16/07/2014 07:04 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

L'accusation a demandé mardi à un tribunal kényan deux mois supplémentaires pour compléter son dossier contre le gouverneur de Lamu, dans le sud-est du Kenya, soupçonné d'être lié aux récents massacres dans cette région.

Issa Timamy, arrêté le 25 juin, fait l'objet d'une enquête pour meurtres, transfert forcé de population et terrorisme, mais n'a toujours pas été inculpé. Il a été libéré sous caution le 30 juin par la justice qui avait alors rejeté une requête du parquet pour qu'il soit incarcéré durant 14 jours, le temps de terminer l'enquête.

Mardi, le représentant du parquet, Alexander Muteti, qui devait présenter à la Cour les preuves de l'accusation contre M. Timamy, a demandé un nouveau délai, pour pouvoir retrouver certains témoins ayant fui la zone théâtre des tueries.

"Le déplacement de témoins potentiels a rendu l'enquête difficile et d'ici deux mois nous devrions en avoir terminé et revenir devant la Cour", a-t-il expliqué au juge Martin Muya.

"La situation évolue, nécessitant de plus amples investigations. Il s'agit désormais plus de terrorisme que des deux autres chefs sur lesquels nous enquêtions initialement", a-t-il poursuivi.

La défense de M. Timamy a estimé cette requête sans fondement, affirmant que l'accusation ne disposait d'aucun élément contre son client.

"Il n'est pas acceptable pour un Etat qui n'a aucune idée de ce qu'il doit faire de cette affaire et avait initialement demandé 14 jours pour boucler son enquête, de réclamer deux mois supplémentaires", a estimé Ahmed Nassir Abdullah, principal avocat de l'équipe de défense, "la Cour ne peut ordonner des enquêtes sans fin".

L'audience a été ajournée à jeudi.

Au moins 87 personnes ont été exécutées depuis la mi-juin au cours d'une série d'attaques nocturnes contre des villages proches de l'archipel de Lamu, revendiquées par les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, qui les ont qualifiées de représailles à l'intervention militaire kényane en Somalie.

Mais le président kényan Uhuru Kenyatta a nié leur implication et dénoncé des "violences ethniques aux motivations politiques", accusant des réseaux politico-criminels locaux et pointant du doigt, sans la nommer, l'opposition menée par son adversaire malheureux à la présidentielle de mars 2013, Raila Odinga, qui a farouchement démenti.

M. Timamy est membre d'un petit parti n'appartenant ni à la coalition au pouvoir ni à la principale coalition de l'opposition de M. Ondinga. Il a affirmé être victime d'un coup monté en raison de "son combat contre la corruption".

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