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Japon: séisme près de Fukushima alors que deux autres réacteurs pourraient rouvrir

16/07/2014 05:04 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT
KIMIMASA MAYAMA via Getty Images
Workers work on the construction of an ice wall at the tsunami-crippled Tokyo Electric Power Co.'s Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant in Okuma, Fukushima Prefecture, northeast of Tokyo on July 9, 2014. Tokyo Electric Power Co.(TEPCO) will build a frozen ice wall around the buildings of Units 1 to 4 at the tsunami-devastated nuclear power plant to stop radiation-contaminated water from flowing to the sea. TEPCO has been struggling with massive amounts of toxic water as the operator continues to pump water into three reactors to keep them cool. The plant suffered meltdowns at three of its six reactors after a tsunami swept through the facilities in March 2011. AFP PHOTO / POOL / KIMIMASA MAYAMA (Photo credit should read KIMIMASA MAYAMA/AFP/Getty Images)

Un nouveau séisme, de magnitude 4,6, s'est produit mercredi après-midi à proximité de la centrale de Fukushima, a annoncé l'Agence de météorologie nationale.

La secousse a été enregistrée à 17H24 locales dans la région côtière dite Hamadori dans la préfecture de Fukushima (nord-est), là où se trouve le complexe atomique ravagé par le tsunami du 11 mars 2011.

Il n'y a cette fois pas de risque de raz-de-marée, a précisé l'agence sur son site internet.

Ce nouveau tremblement de terre est survenu alors qu'un fort séisme de magnitude 6,8 s'était produit au large de la même zone samedi dernier. Il avait provoqué un petit tsunami de quelques dizaines de centimètres.

Ces séismes tendent à donner raison à l'autorité de régulation nucléaire qui a justement souhaité la semaine passée que la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) prenne des mesures supplémentaires dans la centrale accidentée Fukushima Daiichi face au risque permanent de nouvelle catastrophe.

Vers une relance prochaine de l'énergie atomique

Deux réacteurs nucléaires du sud-ouest du Japon remplissent les nouveaux critères de sûreté, a jugé mercredi le gendarme du secteur qui ouvre ainsi la voie à une relance de l'énergie atomique au Japon, trois ans et demi après le désastre de Fukushima.

Entre-temps, plusieurs unités avaient fonctionné durant quelques mois, mais aucune n'avait reçu de certificat de conformité à de nouvelles normes plus sévères entrées en vigueur en juillet 2013.

Les membres de l'autorité de régulation nucléaire ont approuvé un rapport de 420 pages selon lequel les dispositions techniques prises par la compagnie Kyushu Electric Power pour les tranches Sendai 1 et 2 (sud-ouest) étaient compatibles avec ces normes durcies vis-à-vis des risques d'accident critique.

En un an d'étude, il a fallu éplucher 30 000 pages de documents, se concerter durant plus de 140 heures (62 réunions), sans compter les auditions, et mobiliser de nombreux spécialistes et petites mains pour parvenir à ces conclusions dont la lecture est particulièrement ardue.

Le document précise notamment toutes les mesures prises pour faire face aux tsunamis, séismes, éruptions volcaniques, tornades et autres dangers, afin d'éviter que la situation ne dégénère en catastrophe majeure, comme en mars 2011 à la centrale Fukushima Daiichi après un puissant tremblement de terre au large et un gigantesque raz-de-marée.

C'est la première fois depuis cette catastrophe qu'un tel avis de conformité est donné, alors que tout le parc de 48 réacteurs est arrêté (sans compter les six unités définitivement condamnées du complexe de Fukushima).

La certification de sûreté de l'autorité indépendante mise en place après le désastre du 11 mars 2011 est indispensable pour relancer n'importe quel réacteur de l'archipel.

"Ce sont presque les plus hauts niveaux de sûreté au monde", a affirmé mercredi le président de l'autorité, Shunichi Tanaka.

Mais le même de préciser qu'on ne peut jamais dire que les risques sont absolument nuls: "l'examen sert à mesurer si les normes sont respectées de sorte que le danger soit réduit autant que possible".

L'approbation des dispositions prises pour Sendai 1 et 2 doit encore être définitivement validée après un appel à commentaires publics d'une durée de 30 jours.

Si tout va bien, le feu vert sera donné au mois d'août. L'autorité se borne toutefois à dire que les installations sont sûres. Il revient ensuite aux dirigeants politiques locaux et nationaux de décider du redémarrage.

Ces deux réacteurs pourraient être remis en exploitation à l'automne.

- Abe contre une partie de la population -

La volonté du gouvernement de droite de Shinzo Abe est de "remettre en marche tous les réacteurs jugés sûrs par l'autorité de régulation", a répété mercredi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

"C'est un pas en avant, et je veux avancer vers la relance avec la compréhension des communautés locales", a réagi le Premier ministre.

Les raisons sont politiques et économiques: le Japon veut une indépendance énergétique grâce à la maîtrise du cycle nucléaire, et souhaite en finir avec les importants déficits commerciaux subis depuis que l'arrêt des réacteurs nucléaires l'oblige à importer à prix d'or des quantités massives d'hydrocarbures pour ses centrales thermiques.

L'éventualité d'un prochain redémarrage de réacteurs rencontre cependant l'opposition des antinucléaires, à commencer par Greenpeace : "des milliers d'habitants de la préfecture de Kagoshima (où se trouvent les unités Sendai 1 et 2) et de la province voisine de Kumamoto ont fait part de leurs inquiétudes".

"Les principaux problèmes comprennent l'absence de plan réel d'évacuation de la population en cas de nécessité, notamment des personnes âgées, des enfants, ou des personnes hospitalisées", ajoute l'organisation.

Les opposants, dont certains se sont immédiatement rassemblés devant le complexe atomique incriminé mercredi pour protester, considèrent en outre que la compagnie Kyushu Electric Power et l'autorité ne sont pas parvenues à établir un diagnostic et fournir une réponse précise au risque volcanique dans la région.

"L'autorité a cédé à la pression énorme de l'industrie nucléaire et du gouvernement Abe", lance Kazue Suzuki, de Greenpeace. "Elle place les intérêts commerciaux des compagnies électriques avant la sécurité de la population".

Les dossiers de 17 autres réacteurs, tous en zone sismique et en bord de mer, doivent désormais également être scrutés à la loupe.

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