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Israël intensifie ses raids et demande à 100 000 habitants de Gaza d'évacuer

16/07/2014 03:45 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Palestinian Suma Abu Mahsen, 7, stands by a damaged wall of a house following an overnight Israeli missile strike to a nearby transition center for newly released convicts, that was not yet operational, in Rafah, southern Gaza Strip, Tuesday, July 15, 2014. An Egyptian truce proposal for the conflict in Gaza quickly unraveled Tuesday, after the Islamic militant group Hamas rejected the plan. (AP Photo/Lefteris Pitarakis)

Israël a demandé mercredi à 100.000 habitants du nord de la bande de Gaza d'évacuer leur domicile, un appel qui n'a pas entraîné d'exode bien que l'armée ait intensifié ses bombardements après l'échec d'une initiative de trêve.

Conformément à la mise en garde du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'armée a augmenté ses frappes sur l'enclave palestinienne, au 9e jour de son opération visant à faire cesser les tirs de roquettes sur Israël.

Une quarantaine de raids ont été menés durant la nuit selon l'armée, qui ont visé en particulier les maisons d'un haut responsable de la sécurité du Hamas, Fathi Hammad, et le député Ismail al-Ashqar, à Jabalia (nord).

Mercredi, onze Palestiniens ont été tués dans une série de frappes, essentiellement dans le sud du territoire, dont un enfant de 10 ans et une femme de 65.

Alors que son opération a fait 208 morts et plus de 1.500 blessés, en grande majorité des civils, l'armée israélienne a appelé à l'aube quelque 100.000 habitants du nord de l'enclave à quitter les lieux avant 08H00 (05H00 GMT) en prévision de bombardements massifs.

Une première mise en garde de ce type -- relayée par sms, messages téléphoniques et tracts -- avait été envoyée dimanche, mais les forces israéliennes n'avaient alors pas mis leurs menaces à exécution.

"Le Hamas et d'autres organisations terroristes ont continué de tirer des roquettes, c'est pourquoi Tsahal (l'armée, ndlr) a l'intention de mener des frappes aériennes contre des sites terroristes", disent ces tracts, assurant aux habitant ne pas vouloir leur "faire de mal".

- Nulle part où aller -

Le Hamas a appelé la population à ne répondre "en aucune manière" à ces mises en garde, y voyant "une forme de guerre psychologique pour troubler le front" palestinien.

Les journalistes de l'AFP sur place n'ont constaté aucune fuite massive des habitants, dont beaucoup soulignaient n'avoir nulle part où aller sur ce petit territoire parmi les plus densément peuplés de la planète.

"Ils larguent ces tracts depuis leurs avions pour dire aux gens ordinaires d'évacuer. Mais où devons-nous aller? Mieux vaut rester et mourir dans nos maisons", s'est exclamé Fasel Hassan.

Une dizaine d'ONG israéliennes, dont B'tselem, ont vivement critiqué les méthodes de l'armée, jugeant que ces mises en garde ne signifient pas "qu'il n'y a plus de civils dans la zone" d'autant que "les résidents sont de facto confinés à la bande de Gaza et n'ont pas de réelles possibilités de fuite".

L'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a indiqué en début de semaine accueillir quelque 17.000 réfugiés.

Mardi soir, M. Netanyahu avait affirmé n'avoir "d'autre choix que d'étendre et d'intensifier" sa campagne militaire, le Hamas ayant rejeté l'initiative de trêve proposée par l'Egypte alors qu'Israël a suspendu ses frappes pendant six heures.

Le Hamas, considéré par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne comme une "organisation terroriste", a exclu tout cessez-le-feu sans un accord global sur la fin du blocus de Gaza, l'ouverture du poste-frontière avec l'Égypte et la libération de détenus.

Néanmoins, Azzam al-Ahmed, un responsable du Fatah du président Mahmoud Abbas, a indiqué à la presse au Caire qu'un haut responsable du Hamas allait rencontrer un médiateur égyptien en vue de pourparlers.

Israël a annoncé que près d'un millier de roquettes avaient atteint son sol en neuf jours et plus de 200 détruites par le système de défense Iron Dome. Quatre ont été interceptées mercredi matin au-dessus de Tel-Aviv.

L'échec de la trêve a aussi été suivi de la mort d'un premier Israélien, un civil de 37 ans originaire d'une colonie de Cisjordanie, touché par une roquette alors qu'il distribuait de la nourriture aux soldats postés près de la bande de Gaza.

Les forces israéliennes n'ont cependant pas engagé d'opérations au sol, bien que des troupes d'infanterie et chars ont été ostensiblement déployés aux abords de Gaza et 40.000 réservistes mobilisés. Une telle intervention pourrait s'avérer meurtrière.

"Le principal dilemme est l'opération terrestre", note Giora Eiland, l'ex-directeur du Conseil national de sécurité israélien, y voyant le seul moyen de "réellement détruire" le réseau de tunnels du Hamas.

"Il semblerait qu'on aille dans cette direction, compte-tenu des limites des frappes aériennes", a-t-il ajouté.

- Diplomates en quête de solutions -

La nouvelle spirale de violences a été enclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas qui a nié, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem.

Sur le front diplomatique, les acteurs occidentaux continuaient d'oeuvrer pour un cessez-le-feu.

La chef de la diplomatie italienne Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE, est en Israël pour "soutenir les efforts pour atteindre un cessez-le-feu", a-t-elle déclaré après une rencontre avec le président Shimon Peres.

"Les seuls à refuser (la trêve) c'est le Hamas, cette fois-ci le Hamas est isolé", a martelé M. Peres, qui quitte ses fonctions en fin de semaine prochaine.

Très en retrait dans cette crise, le président Abbas doit se rendre en fin de semaine en Egypte et en Turquie, pays allié du Hamas.

Enfin, Human Rights Watch a dénoncé les méthodes de guerre d'Israël, évoquant des "attaques illégales" et des "crimes de guerre".

Les autorités israéliennes accusent pour leur part le Hamas d'utiliser les civils comme "boucliers humains".

bur-alf/sw

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