DIVERTISSEMENT

Gala Juste pour rire «Les Anglos»: heureusement qu'il y avait Mike (CRITIQUE/PHOTOS)

16/07/2014 10:32 EDT | Actualisé 16/07/2014 10:32 EDT
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Les Galas Juste pour rire 2014 se suivent et se ressemblent: plutôt tièdes, sans trop de magie, avec quelques numéros qui se démarquent ici et là. Mardi, c’était au tour de Mike Ward de nous convier à son rendez-vous, concentré sur les «Anglos». On doit à l’animateur lui-même les meilleurs moments de cette soirée inégale, pas mauvaise, mais qui manquait de substance, de surprises, de gags coup de poing, d’instants mémorables, de véritables fous rires.

Comme à son habitude, Ward a été un hôte charismatique et généreux. Il a pris le temps de dire un mot et de lancer une plaisanterie sur chacun de ses invités avant ou après leur prestation. C’est l’une des grandes qualités de Mike Ward quand il anime un Gala Juste pour rire; on sent qu’il a choisi les artistes qui l’accompagnent pour l’occasion, qu’il les respecte et les apprécie, ce qui insuffle un vent de sincère camaraderie.

Le lever du rideau était très joli. Des figurants étaient alignés sur scène avec, enfoncés sur la tête, des blocs carrés où étaient inscrites les lettres formant le nom de l’animateur. Celui-ci s’est ensuite amené au son d’une cornemuse, vêtu d’un kilt, pour rendre hommage à ses ancêtres et particulièrement à son grand-père. En raison de ses origines? Pas du tout. «Il n’était pas écossais, il était transsexuel!», a lancé Mike avec son aplomb caractéristique. Il a enchaîné en parlant de son enfance dans la ville de Québec et du fait qu’à sept ans, il se faisait dire: «Retourne dans ton pays!», à cause de ses souches irlandaises et de son bilinguisme. Les femmes voilées, ceux qui ont peur de se faire «voler» leur langue, les Belges et même les «newfies» ont tous reçu une petite flèche typiquement «wardienne».

Plus tard, Mike n’a pas mâché ses mots en racontant un voyage en Allemagne, alléguant que, dans ce pays, tout «dégage le sexe». «Ils n’estampent pas ton passeport, le douanier te crache sur la graine», a-t-il lancé. Ç’a le mérite d’être clair!

Les anges de la rénovation

Sylvain Laroque et Jean-Thomas Jobin ont rapidement donné le ton à l’ensemble. Larocque a offert une tirade bilingue durant laquelle, en français, il expliquait vouloir se débarrasser des anglophones et, en anglais, il donnait des ordres doucereux à ceux-ci pour les voir déguerpir. Joyeusement caustique et baveux. Jean-Thomas Jobin a suivi avec une performance probablement aussi exigeante pour le parterre que pour lui-même (du moins, pour les gens qui ne comprennent pas l’anglais), en débitant son texte dans la langue de Shakespeare avec le ton monotone qu’on lui connaît, pendant que la version française défilait à grande vitesse derrière lui. Du pur Jean-Thomas Jobin, qui a su faire d’une anecdote de magasinage de souliers un bijou d’absurdité.

«Si je ne suis pas la personne la plus bilingue que vous avez vue, je suis certainement dans le top 5000!», a-t-il argué.

On a adoré Korine Côté et sa relecture toute personnelle du concept des Anges de la rénovation, une émission qui l’émeut à tout coup. Des malheurs exagérés des participants jusqu’à la surabondance de cadeaux impossibles qu’on leur offre, Côté a brillamment tourné en dérision tous les aspects de ce succès télévisuel. Fait cocasse, à la fin de son passage, un seul spectateur, en plein milieu de la salle, s’est levé pour lui donner une ovation. Évidemment, Mike Ward n’a pas manqué de relever son enthousiasme.

Déceptions

Maxim Martin a traité notamment de la bataille des plaines d’Abraham et de l’hypocrisie des Américains, avec un clin d’œil salé aux maires de Montréal et de Toronto. «Rob Ford a déjà dit que son déjeuner préféré, c’était de "manger" sa femme. Ça met de la pression sur Denis Coderre!» Son matériel était intéressant, sans plus.

On n’a pas vraiment compris l’ovation debout qui a terminé le segment où Stéphane Fallu déplorait sa méconnaissance de la langue anglaise. Soulignons toutefois les efforts de l’hyperactif, qui s’est démené avec beaucoup d’énergie; il a conclu par une chanson, Amazing Grace, avec une petite chorale gospel. Stéphane Poirier a lui aussi donné dans la musique en empoignant sa guitare pour illustrer à quel point l’anglais sonne plus prestigieux que le français. Autre ovation debout, autre surprise de notre part, qui avons trouvé son délire plutôt long. D’ailleurs, la salle était bien tranquille avant d’exploser en applaudissements, à la fin.

Un Olivier Martineau correct, qui apprivoise l’anglais comme il le peut, entre autres en fréquentant les Second Cup («Deuxième tasse? Qu’est-ce qui est arrivé avec la première? C’est comme avoir un bar de rencontres et appeler ça "Le deuxième choix"») a mis la table pour le clou du spectacle, Mike Paterson, dans la peau du cousin de Rob Ford, rustre personnage qui a tenté tant bien que mal de comprendre quelques expressions bien de chez nous. Il faut aimer le genre, mais ça clôturait bien cet hommage (ou anti-hommage) à nos voisins «anglos».

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