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Cambodge: six membres de l'opposition inculpés d'insurrection (avocat)

16/07/2014 07:26 EDT | Actualisé 15/09/2014 05:12 EDT

Six membres de l'opposition cambodgienne ont été inculpés mercredi d'insurrection, une accusation passible de 30 ans de prison liée à une manifestation qui a fait des dizaines de blessés, a annoncé l'un de leurs avocats.

Les six hommes et femmes politiques ont été inculpés par le tribunal de Phnom Penh pour avoir dirigé un mouvement d'insurrection, organisé de violences volontaires et incité à des actes criminels, a précisé à la presse Ket Khy, avocat de l'un d'entre eux.

La seule accusation d'insurrection est passible d'une peine entre 20 et 30 ans d'emprisonnement.

"Le tribunal a également décidé de les placer en détention provisoire. C'est un revers pour la démocratie", a déclaré à l'AFP Am Sam Ath, du groupe de défense des droits de l'Homme Licadho.

Cinq des six accusés, dont la figure de l'opposition Mu Sochua, avaient été élus députés du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) en juillet 2013, mais refusent depuis de siéger, comme tous leurs collègues de l'opposition qui contestent le résultat de législatives selon eux entachées de fraudes massives.

La sixième personne est l'assistant de Mu Sochua.

Ils avaient été arrêtés après une manifestation mardi à Phnom Penh qui avait dégénéré en affrontements, forçant la police à utiliser des gaz lacrymogènes.

Les incidents avaient éclaté alors que quelque 300 militants de l'opposition étaient rassemblés pour réclamer la réouverture de "Freedom Park", lieu privilégié de manifestations dans le centre de la capitale, fermé depuis des mois par les autorités.

Les gardes de sécurité du parc et les manifestants s'étaient alors affrontés à coups de bâtons et de pierres.

Selon le gouvernement, une quarantaine de gardes ont été blessés, dont trois ont été admis en soins intensifs. Des manifestants ont également été blessés, selon des militants.

Le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 1985, est de plus en plus critiqué en raison de la répression ces derniers mois de mouvements de rue, menés par l'opposition mais aussi par des ouvriers du secteur textile - crucial pour l'économie du pays -, qui réclament de meilleurs salaires.

Début janvier, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur des ouvriers du textile en grève, faisant quatre morts. Toute manifestation a ensuite été interdite à Phnom Penh pendant plusieurs semaines, et Freedom Park fermé, avant d'être bloqué par des barbelés en mai.

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