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Un infirmier refuse de nourrir de forces des détenus de Guantanamo Bay

15/07/2014 10:13 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

SAN JUAN, Porto Rico - Un infirmier de la marine américaine a refusé de nourrir de force des prisonniers de Guantanamo Bay qui ont déclenché une grève de la faim. C'est la première fois qu'un membre du service médical du fameux centre de détention américain agissait de la sorte, ont reconnu une avocate spécialiste des droits humains et des responsables américains, mardi.

L'infirmier, dont l'identité n'a pas été révélée, a refusé de participer à cette pratique parce qu'il la considérait comme un acte criminel, a indiqué Me Cori Crider, du groupe juridique britannique Reprieve.

«Ce gars est fondamentalement un héros. On doit lui permettre de s'occuper des détenus de façon morale», a-t-elle dit.

Le colonel Greg Julian, un porte-parole du U.S. Southern Command a mentionné que l'infirmier était un lieutenant. Ces supérieurs lui ont donné de nouvelles tâches à Guantanamo. Jusqu'à présent, aucun infirmier ou aucun médecin n'avait refusé de nourrir les prisonniers à l'aide d'une sonde.

«On s'occupe de cette affaire sur le plan administratif», a-t-il commenté.

Le porte-parole du centre de détention, le capitaine Tom Gresback, de la marine américaine, n'a pas répondu à l'Associated Press.

Me Crider a dit avoir appris l'histoire lors d'une conversation téléphonique avec Abu Wa'el Dhiab, un de ses clients. Ce Syrien âgé de 42 ans n'a jamais été accusé et est candidat à une libération depuis 2009. Il est un des prisonniers qui refusent de s'alimenter.

M. Dhiab a aussi dit à son avocate que plusieurs autres officiers du corps médical ont dit aux prisonniers qu'ils n'aimaient devoir les nourrir de force mais ils n'ont pas le choix.

«Et voici un soldat qui se tient debout et refuse de le faire. Seul quelqu'un de vraiment courageux peut agir ainsi», a ajouté Me Crider, toujours en citant son client.

La Défense américaine soutient qu'elle utilise des méthodes humaines pour garder en vie les prisonniers qui suivent une grève de la faim. Un juge fédéral américain a récemment ordonné aux autorités de revoir le dossier de M. Dhiab après que celui-ci s'est plaint d'être nourri de force de façon abusive. Selon lui, la façon avec laquelle on alimentait le prisonnier lui causait «des souffrances non-nécessaires».

L'an dernier, des pressions avaient été exercées contre les médecins du centre de détention pour qu'ils cessent de nourrir de force les prisonniers mais elles ont échoué, ont indiqué les autorités.

Le centre de détention détient 149 prisonniers. Me Crider croit que 34 d'entre eux refusent de s'alimenter. La Défense américaine refuse de dévoiler le nombre de grévistes depuis décembre.

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