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Album «The Black Market»: rencontre avec le chanteur de Rise Against (ENTREVUE)

15/07/2014 01:57 EDT | Actualisé 15/07/2014 01:57 EDT
Jean-François Cyr

MONTRÉAL - Le populaire groupe punk rock américain Rise Against arrive avec un nouvel album intitulé The Black Market. Le quartet de Chicago qui a produit de bons disques tels que Revolution per Minute (2003) et The Sufferer & The Witness (2006) reprend du service après une pause bien méritée, selon le chanteur et guitariste Tim McIlrath. Ce dernier était d’ailleurs de passage à Montréal pour discuter du septième disque de la formation.

À la fin juin, Rise Against donnait son premier concert au festival Woodstock en Beauce depuis la prestation offerte à l’automne dans le cadre du Vans Warped Tour. En fait, la formation s’est faite assez discrète ces deux dernières années, les membres désirant prendre du recul après plusieurs années fort exigeantes.

«Nous n’avons pas donné de spectacle depuis celui à Londres, en novembre, raconte McIlrath, dans la suite d’un hôtel montréalais. Nous avons pris une vraie pause d’un an avant de plonger dans la période entourant la production (six mois) de l’album The Black Market. En fait, nous n’avons pas fait de tournée depuis deux années, sinon quelques shows spécifiques, dont un concert avec Metallica.»

«Au niveau personnel, nous avions besoin de ce temps, renchérit-il. Certains d’entre nous ont des familles. C’est important de voir grandir nos enfants. Ensuite, c’était crucial d’avoir une certaine perspective au plan professionnel, question de revenir avec une approche rafraîchie.»

Punk à la limite du métal

Pourtant, le travail de Rise Against n’a pas énormément changé. Les chansons mélodiques sont encore poussées par une énergie hardcore assez prenante. Certains thèmes chers (dont les engagements sociopolitiques et environnementaux) au groupe reviennent également dans son travail. Pensons aux chansons The Eco-Terrorist in Me ou encore A Beautiful Indifference qui affichent les couleurs du band.

Cela dit, une légère différence est perceptible sur The Black Market: l’album est de toute évidence un peu plus sombre en plus de se retrouver parfois à la limite du métal.

«C’est peut-être un peu plus sombre que certains de nos disques sortis auparavant. Nous avons des racines métal, alors c’est possible que The Black Market soit un peu plus pesant. Rien de tout cela n’est prémédité en tout cas. Chez Rise Against, la stratégie a toujours été le manque total de stratégie (rires). Et ça marche quand même bien. Tout se passe dans une pièce avec des instruments et quelques micros. Nous avons une approche très old-school. Nous jouons sans trop nous demander à quoi ça ressemblera. Ensuite, nous faisons le ménage.»

Ces endroits sombres

La pièce I Don’t Want to Be Here Anymore (premier single paru en juin), avec sa voix puissante et inquiète, ses riffs de guitare électrique rageurs et sa batterie très nerveuse, est un exemple de cette influence métal.

Quant aux paroles du morceau I Don’t Want to Be Here Anymore, elles réfèrent davantage à un besoin de renouveau psychologique ou physique qu’à un rejet complet de l’existence: «Ça peut être un emploi, une relation ou un moment très précis d’une expérience de vie, explique McIlrath. C’est plus lié à l’évasion qu’à la mort. Ce constat peut même être une source positive de changement».

À 35 ans, le chanteur souligne qu’il a réfléchi grandement à ce qu’il voulait transmettre par son travail au cours des prochaines années.

«Je suis un homme mature (il a commencé à l’aube de la vingtaine). J’ai envie d’exprimer ce que je ressens à l’égard des gens et de notre monde. C’est une étrange et fascinante responsabilité que de chanter des mots que des centaines de milliers de personnes vont écouter et décortiquer. J’aime fouiller et m’inspirer des comportements humains.»

«C’est de cette idée qu’est venu le titre The Black Market, qui évoque un mélange de zones inquiétantes et cachées, ajoute Tim McIlrath. J’aime confronter ces endroits sombres pour provoquer la réflexion chez l’auditeur, et même être une bougie d’allumage qui pourrait lui permettre d’en sortir ou de changer les choses pour le mieux. L’album, j’espère, incitera les gens à fouiller en eux […] Disons que The Black Market est un monde dans lequel on trouve des émotions de toutes sortes…»

The Black Market

Sortie 15 juillet

Label DGC, Interscope

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