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Mobile: Apple s'allie à l'ancien ennemi IBM pour séduire les entreprises

15/07/2014 08:32 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Le groupe informatique américain Apple, dont les appareils mobiles sont surtout populaires auprès du grand public, va s'allier à son ennemi d'hier, IBM, pour tenter de s'implanter davantage sur le marché des entreprises.

Dans le cadre d'un partenariat de grande ampleur annoncé mardi, les deux groupes vont concevoir ensemble des applications mobiles pour l'iPhone et la tablette iPad intégrant des technologies d'IBM à destination des entreprises.

IBM vendra aussi des iPhone et des iPad intégrant des produits adaptés spécifiquement aux clients professionnels et proposera des services en ligne ("cloud") optimisés pour les appareils mobiles d'Apple.

Dans leur communiqué commun, les deux groupes disent vouloir "transformer la mobilité en entreprise avec une nouvelle classe d'applications professionnelles", apportant les capacités d'IBM en terme d'analyses de grandes quantités de données ("big data") sur les appareils d'Apple.

C'est un revirement pour le groupe à la pomme, qui lors de la sortie de son célèbre ordinateur Mac il y a trente ans avait clairement attaqué IBM. Dans la publicité inspirée du roman "1984" de George Orwell annonçant la sortie du Mac, diffusée en plein Superbowl et restée une référence, une sportive aux couleurs d'Apple fracassait un écran représentant "Big Brother" (comprendre IBM, acteur majeur à l'époque sur le marché des ordinateurs).

"Pour la première fois, nous mettons les capacités reconnues d'analyse de +big data+ d'IBM à portée de doigt des utilisateurs d'iOS", le système d'exploitation mobile d'Apple, "ce qui ouvre une grande opportunité sur le marché pour Apple", a commenté le directeur général du groupe, Tim Cook.

Un avis semble-t-il partagé à Wall Street: dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York, l'action Apple gagnait 1,55% à 96,80 dollars vers 00H00 GMT et celle d'IBM 2,01% à 192,28 dollars.

- Supplanter BlackBerry et Samsung -

Si le secteur du mobile affiche une très forte croissance actuellement, "Apple n'a pas fait du très bon boulot dans la partie professionnelle du marché. C'est pourquoi cet accord avec IBM (mieux ancré dans le monde de l'entreprise NDLR) semble si sensé", estime Jeff Kagan, un analyste indépendant spécialisé dans le secteur technologique.

Dans une note, les analystes de Barclays jugent l'impact du partenariat "difficile à chiffrer", estimant toutefois qu'il pourrait aider IBM à mieux négocier le virage du mobile et Apple à augmenter ses ventes d'appareils.

Malgré leur popularité, l'iPhone et l'iPad réalisent une part du marché inférieure à celle de l'ensemble des appareils de diverses marques (à commencer par le premier fabricant mondial de smartphones, le sud-coréen Samsung) utilisant le système d'exploitation Android de Google.

"Avec le marché grand public qui devient plus concurrentiel, Apple semble bien positionné pour s'attaquer au marché des entreprises où des sociétés comme BlackBerry cèdent du terrain et où Samsung a du mal à s'implanter", relève Barclays.

L'action du groupe canadien BlackBerry, dont les smartphones pour entreprises ont longtemps été une chasse gardée, reculait d'ailleurs de 4,25% à 10,82 dollars.

Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, se dit malgré tout "sceptique".

L'annonce du partenariat juste avant la publication des résultats trimestriels (jeudi pour IBM et mardi prochain pour Apple), "nous fait nous demander si IBM, et peut-être même Apple, ne vont pas rater les attentes de revenus" du marché, écrit-il dans une note.

Il voit également dans l'opération une possible "réaction" liée au contexte dans le secteur et à "une position de faiblesse mutuelle" d'Apple et IBM face à des concurrents comme le distributeur en ligne Amazon, le géant internet Google ou le groupe informatique Microsoft qui ont enregistré ces derniers mois une très forte croissance de leurs services de "cloud".

soe/gde

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