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Passer le K.-O. au cancer : Mike Strange court 90 marathons en 90 jours

15/07/2014 10:53 EDT | Actualisé 15/07/2014 10:53 EDT
InterBox

MONTRÉAL - Stéphan Larouche, Lucian Bute et Jean Pascal ont tous trois un différent destin. Mais ils se sont tout de même ralliés au combat du triple Olympien Mike Strange, qui s’est donné comme objectif de courir 90 marathons en 90 jours afin de passer le knockout au cancer.

«J’ai connu Mike en 1986 dans un tournoi amateur en Finlande. Il est le seul boxeur canadien à avoir représenté le pays à trois Jeux olympiques. Ce qu’il fait présentement, c’est tout simplement incroyable: il passe 25% de l’année à faire des marathons pour la cause des enfants malades», a avancé Larouche, ex-entraîneur des ex-champions mondiaux Lucian Bute et Éric Lucas.

Tous les dons amassés par Mike Strange seront remis à l’Institut de recherche sur les cellules souches et le cancer de l’Université McMaster, ainsi qu’aux Manoirs Ronald McDonald du Canada par le biais de la Fondation BoxRun.org, un organisme qui vient en aide aux familles aux prises avec le cancer juvénile.

«J’ai compris comment c’était important l’aide aux familles, particulièrement le Manoir Ronald McDonald, lorsque la fille d’Éric Lucas est tombée malade, a continué Larouche. Le lit d’à côté a lui aussi son drame. Tu comprends les subtilités de l’aide quand les assurances cessent de payer et que les parents doivent quitter leur emploi pour s’occuper de leur enfant malade.»

Quant au principal intéressé, il semblait dans une forme resplendissante pour un homme participant à son 69e marathon en 69 jours.

«Juste me lever après le premier marathon était difficile. J’ai une tendinite, des maux de dos… mais la bonne nouvelle, c’est que le cerveau humain ne ressent qu’une seule douleur à la fois! Tous les jours, j’ai le goût d’arrêter, mais en repensant à ce que ces enfants malades endurent, ça me pousse à continuer», a confié l’Ontarien âgé de 43 ans.

Originaire de Niagara Falls, Mike Strange a boxé aux Jeux de Barcelone (1992), d'Atlanta (1996) et de Sydney (2000). Depuis, il a décidé d’imiter son idole, Terry Fox.

«Terry Fox était mon héros. J’ai couru en 2012 le même chemin que Terry devait faire, de Thunder Bay (Ontario) à Victoria (Colombie-Britannique)», s’est-il rappelé.

«Lors de cette course, j’ai voulu soutenir un petit gars, Matteo Mancini, qui était atteint du même cancer que Terry, a ajouté l’athlète philanthrope. Il est décédé le 8 mai 2013. J’ai décidé de courir de nouveau en son honneur. Ce combat est plus gros que la boxe et le sport : c’est pour aider les enfants.»

Trois destins

Pour Stéphan Larouche, l’avenir passe par la montée de nouveaux poulains dans son écurie.

On pourra d’ailleurs voir en action son tout nouveau protégé, le Sorelois David Théroux, lors d’un gala présenté le 22 août à Mont-Saint-Hilaire.

Du côté de Lucian Bute, la recherche d’un nouvel entraîneur est au calendrier cet été.

«Ce que Mike Strange est en train de réussir est inimaginable. Je ne sais pas comment il fait. Un marathon, je le ferais…mais 90? Ça prend beaucoup de motivation! Quand il nous a appelés pour sa cause, j’ai embarqué tout de suite», a mentionné Bute.

«De mon côté, je devrais avoir trouvé un nouvel entraîneur d’ici août, a-t-il poursuivi. Je m’en vais en Californie sous peu et j’espère bien m’entendre avec Freddie Roach. J’aimerais travailler avec lui. On a vu ce qu’il a fait avec Manny Pacquiao, un gaucher comme moi. Et je compte me battre d’ici la fin de l’année.»

Quant à Jean Pascal, la signature d’une entente afin de faire face à un autre ex-champion du monde est le prochain objectif. Le 27 septembre, au Centre Bell, le pugiliste entraîné par Marc Ramsay devrait affronter l’Américain Tavoris Cloud.

«Cloud est un bon style pour moi. Nous sommes tous les deux des boxeurs offensifs et physiques, a-t-il expliqué. J’exigeais des tests antidopage pour Cloud et c’est ce qui a retardé le processus, mais c’est un détail qui a été réglé depuis. Après ce duel, mon but est de redevenir champion du monde.»

Du côté de Mike Strange, les liens avec Stéphan Larouche et Jean Pascal ne datent pas d’hier. Il avait d’ailleurs prédit les succès du Lavallois.

«Stéphan a été l’un de mes premiers entraîneurs avec l’équipe nationale et j’ai croisé les gants au gymnase avec Jean quand il n’était âgé que de 15 ans. Je savais déjà à l’époque qu’il allait devenir une grande étoile de la boxe», s’est souvenu le héros du jour, bien heureux d’obtenir le support de la communauté québécoise du noble art.

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