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Malaisie: deux morts, neuf disparus dans un nouveau naufrage d'une embarcation

15/07/2014 07:45 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Au moins deux personnes sont mortes et neuf portées disparues après le nouveau naufrage au large des côtes malaisiennes d'un bateau surchargé d'immigrés clandestins indonésiens, a annoncé mardi l'Agence de la police maritime de Malaisie, où deux embarcations avaient déjà coulé en juin.

Le petit bateau en fibres de verre transportant environ 70 passagers a chaviré et coulé lundi soir au moment où il était suivi par un patrouilleur dans l'Etat de Johor, dans le sud de la Malaisie, a indiqué un responsable de l'agence, Aminouddin Abdul Rashid.

Le bateau transportait des immigrés illégaux indonésiens rentrant dans leur pays pour célébrer la fin du ramadan à la fin du mois.

D'après le responsable, 59 passagers ont été secourus et deux passeurs interpellés: "Neuf passagers sont donc toujours portés disparus", a-t-il dit, ajoutant que les corps d'un homme et d'une femme avaient été repêchés.

Un autre responsable de l'agence avait déclaré plus tôt que 80 passagers se trouvaient à bord de l'embarcation et que 18 étaient portés disparus.

Le bateau, qui se dirigeait vers l'île indonésienne de Batam, est entré en collision avec le patrouilleur de l'agence de la police maritime après avoir tenté à trois reprises d'y échapper, a déclaré M. Aminuddin.

L'accident a provoqué des dommages à l'embarcation qui a coulé dans de forts courants à trois mille nautiques de Tanjung Piai, péninsule qui est le point le plus au sud de la Malaisie. Les deux passeurs font l'objet d'une enquête pour trafic de migrants, selon la même source.

- 345 euros pour un dangereux voyage -

Les passagers clandestins auraient payé chacun 1.500 ringgit (345 euros) pour effectuer ce dangereux voyage et éviter ainsi d'être contrôlés, selon M. Aminuddin.

Les accidents de ce type sont fréquents, dans la mesure où des milliers de migrants, en grande majorité d'Indonésie, tentent de gagner la Malaisie à bord d'embarcations fragiles, dans l'espoir de trouver un travail dans le bâtiment, des usines ou des plantations, secteurs souvent évités par les Malaisiens. Nombre d'entre eux retournent en Indonésie en vue de célébrer la fin du ramadan.

Fin juin, deux bateaux transportant des immigrés clandestins indonésiens avaient coulé le même jour à quelques heures d'intervalle au large des côtes malaisiennes, dans une mer agitée, faisant une quinzaine de morts et des dizaines de disparus. Les deux embarcations étaient surchargées.

Les autorités malaisiennes ont augmenté les patrouilles le long des côtes pendant la période du ramadan, au cours de laquelle nombre d'Indonésiens cherchent à rentrer dans leur pays pour célébrer l'Aïd-el-Fitr, fête musulmane marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan.

Il était nécessaire d'agir plus sévèrement contre les agents et les chefs de réseaux profitant du travail clandestin et de la corruption parmi les autorités maritimes, a déclaré à l'AFP Aegile Fernandez, de l'ONG malaisienne Tenaganita, en référence à la multiplication de patrouilles en mer.

"Tant que tout cela ne sera pas réglé, de tels faits se produiront encore et encore", a ajouté le responsable de cette ONG qui défend les droits des travailleurs immigrés.

Au moins deux millions d'étrangers clandestins vivent en Malaisie, en plus des deux millions de travailleurs immigrés légaux, selon certains estimations. La Malaise compte quelque 28 millions d'habitants.

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