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Les dirigeants de l'UE tentent de résoudre le Rubik's Cube européen

15/07/2014 09:59 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Les dirigeants européens tentent mercredi soir de résoudre le casse-tête des nominations à la tête de l'UE, partagés entre leur volonté de redonner du tonus à une Europe décriée et leurs traditionnels marchandages pour les hautes fonctions bruxelloises.

Au lendemain de l'élection par le Parlement européen d'un vétéran de l'Europe, le chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission, les chefs d'Etat et de gouvernement s'attellent aux autres grands postes de l'UE.

La première case à cocher, qui sera peut-être la seule mercredi soir, est celle de haut représentant pour les affaires extérieures, alors que les crises s'aggravent en Ukraine et au Proche-Orient.

L'UE pourrait décider de nouvelles sanctions contre la Russie, en ajoutant de nouveaux noms à sa liste et en gelant des programmes d'investissement. Alors que les Etats-Unis poussent en ce sens, le président Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont convenu mardi lors d'un entretien téléphonique de "faire en sorte que l'Europe et les Etats-Unis coordonnent étroitement les mesures qu'ils comptent prendre".

Dans ce contexte international tendu, la volonté de l'Italie d'obtenir le poste de chef de la diplomatie de l'UE pour sa jeune ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, se heurte à de solides résistances.

Certains pays de l'Est s'y opposent ouvertement en raison de la position de Rome jugée trop favorable à Moscou. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, a posé mercredi matin deux exigences: "neutralité" dans les conflits et "expérience en politique étrangère".

M. Juncker, qui doit être consulté sur ce poste de premier vice-président de sa Commission, ne semble pas non plus emballé par Mme Mogherini, appelant de ses voeux "une personnalité respectée et expérimentée".

C'est le cas de l'autre candidate, la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle commissaire à l'Aide humanitaire. Ancienne de la Banque mondiale, cette femme énergique et passionnée a pour handicap de venir d'un petit pays et d'être apparentée à la droite modérée du PPE, alors que le poste semblait promis à la gauche. Mais elle a pour elle l'expérience et vient de l'Europe de l'Est, qui doit être prise en compte dans l'équilibre général des nominations.

- "Rien n'est réglé" -

Le choix influera sur le reste du puzzle. D'abord sur l'autre poste majeur, celui de président du Conseil, mais aussi sur le reste de la Commission, plusieurs Etats faisant monter les enchères pour obtenir un gros portefeuille.

Si la droite décrochait la diplomatie, la gauche devrait logiquement obtenir le Conseil, qu'elle revendique. Son problème est qu'elle n'est pas parvenue à se mettre d'accord sur un nom.

Le seul qui émerge est celui de la Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt. Social-démocrate scandinave acceptable tant par Angela Merkel que par David Cameron, cette belle femme blonde pourrait devenir l'atout-charme de l'Europe. Mais certains pays, à commencer par la France, sont réticents à ce qu'une personnalité issue d'un pays ayant refusé l'euro préside l'UE.

La droite est donc prête au combat pour garder ce poste d'influence. Elle regorge de candidats, même si la plupart s'en défendent, des Premiers ministres néerlandais Mark Rutte et irlandais Enda Kenny, aux anciens chefs de gouvernement letton Valdis Dombrovskis et estonien Andrus Ansip.

M. Van Rompuy a été chargé de proposer un "paquet" comprenant aussi la présidence de l'Eurogroupe. "C'est toujours l'intention, mais rien n'est réglé", soulignait mardi soir une source européenne. "Difficile de dire à l'avance que le résultat est garanti", indique prudemment une source diplomatique.

En cas de blocage, les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouveront à l'automne, avant la fin du mandat de M. Van Rompuy en novembre.

Dans l'équation figure aussi la question récurrente de la parité. Dans l'état actuel des candidatures proposées par les Etats pour la Commission, il n'y a que trois ou quatre femmes sur 28 commissaires. "Si c'est le cas, la Commission n'aura pas la majorité au Parlement" européen, qui doit se prononcer en octobre, a averti son président, Martin Schulz. "La situation est désespérante en ce qui concerne les candidatures féminines", a reconnu M. Juncker.

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