NOUVELLES

Le puzzle des institutions européennes se met en place

15/07/2014 04:23 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

Après Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, les dirigeants européens doivent compléter le puzzle des institutions de l'UE avec les postes stratégiques de président du Conseil européen, chef de la diplomatie et président de l'Eurogroupe.

Leur choix sera le résultat d'un jeu d'équilibre droite-gauche, nord-sud-est-ouest, hommes-femmes.

CHEF DE LA DIPLOMATIE

Le "Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères" a été instauré par le traité de Lisbonne en 2009. Il est nommé pour cinq ans. Son rôle est de coordonner la politique extérieure et de défense de l'UE, une tâche délicate face aux Etats membres, notamment les plus grands, jaloux de leurs prérogatives.

Le Haut représentant est à la fois membre de la Commission européenne, dont il est vice-président, et du Conseil puisqu'il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d'Etat et de gouvernement.

La première titulaire a été la Britannique Catherine Ashton, quasiment inconnue lors de sa désignation. Elle a réussi sa fin de mandat avec son rôle de premier plan dans les négociations sur le nucléaire iranien, mais aussi entre la Serbie et le Kosovo.

Pour lui succéder, la jeune ministre italienne des Affaires étrangères, la social-démocrate Federica Mogherini, fait figure de favorite, mais est handicapée par son manque d'expérience et la position de l'Italie, jugée par certains trop favorable à la Russie dans la crise ukrainienne. L'autre nom cité est celui de l'actuelle commissaire à l'Aide humanitaire, la Bulgare Kristalina Georgieva, proche des conservateurs du PPE.

Le choix aura une influence sur la couleur politique du président du Conseil.

PRÉSIDENT DU CONSEIL

Depuis 2009, le Conseil européen, cénacle des chefs d'Etat et de gouvernement chargé de définir les orientations l'UE, dispose d'un président permanent, chargé de donner une voix et un visage à l'Europe. Il est nommé pour une période de deux ans et demi renouvelable une fois.

Le premier a été le chrétien-démocrate belge Herman Van Rompuy. Quasiment inconnu lui aussi, au point que le leader europhobe britannique Nigel Farage lui avait prêté "autant de charisme qu'une serpillère", il s'est imposé par sa hauteur de vue et son art du compromis. Son mandat se termine le 30 novembre.

Les sociaux-démocrates, beaucoup plus nombreux au sein du Conseil qu'en 2009, revendiquent le poste mais ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un nom. La Première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt, très modérée et acceptable par les Britanniques, reste dans la course. Mais la non-appartenance de son pays à la zone euro pose problème.

La droite semble donc décidée à se battre. Les noms des conservateurs Enda Kenny, le Premier ministre irlandais, et Valdis Dombrovskis, ancien chef de gouvernement letton, sont cités. Mais les Libéraux, même en perte de vitesse, veulent un poste pour prix de leur ralliement. On évoque alors le Premier ministre néerlandais Mark Rutte ou l'ancien Premier ministre estonien Andrus Ansip.

PRÉSIDENT DE L'EUROGROUPE

Les pays membres de la zone euro ont rapidement éprouvé la nécessité de discuter de questions spécifiques à l'union monétaire, coordonner leurs positions et avoir une voix sur la scène financière et politique internationale.

Le club des ministres des Finances de la zone a donc été créé de façon informelle en 1997. Progressivement institutionnalisé, il s'est doté d'un président permanent issu de ses rang à partir de 2005. Il s'agit maintenant d'aller plus loin avec un président permanent qui ne sera pas en même temps ministre.

Le premier président de l'Eurogroupe a été le chrétien-démocrate luxembourgeois Jean-Claude Juncker, prochain président de la Commission, qui est resté en fonction de 2005 à 2013. Son successeur, le social-démocrate néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a connu des débuts difficiles lors de la mise sous tutelle financière de Chypre avant de trouver ses marques. Son sens du compromis est reconnu.

Son remplacement par l'actuel ministre espagnol de l'Economie, le conservateur Luis de Guindos, semble acquis. Issu d'un pays qui a mis en oeuvre une sévère austérité en échange d'un plan d'aide pour son secteur bancaire, il est soutenu par les pays partisans de la rigueur budgétaire, au premier rang desquels l'Allemagne d'Angela Merkel.

jlb/cel/fw

PLUS:hp