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La proposition de trêve de l'Égypte a été de courte durée au Proche-Orient

15/07/2014 04:15 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

GAZA, Territoire palestinien - Une proposition égyptienne de trêve au Proche-Orient a rapidement déraillé, mardi, alors que le mouvement palestinien Hamas a rejeté le plan: des militants à Gaza ont lancé une série de roquettes et Israël a répliqué avec plus d'une douzaine de raids.

La reprise rapide des violences, moins d'un jour après la présentation du plan de cessez-le-feu par l'Égypte, laisse croire qu'il sera encore plus difficile cette fois de négocier un arrêt des combats entre Israël et le Hamas.

Une différence importante par rapport à la trêve précédente en 2012 réside dans le fait que le Hamas ne fait pas confiance au gouvernement actuel en Égypte, qui a écarté il y a un an l'ancien régime, proche du mouvement palestinien.

Israël avait accepté le plan égyptien, proposé tard lundi. Selon les termes du plan, une période de désescalade de 12 heures devait débuter en mi-journée mardi. Une fois la fin des hostilités acceptée par les deux parties, les termes d'une trêve à long terme devaient ensuite être négociés.

Des activistes à Gaza ont répondu en tirant des dizaines de roquettes après le début prévu de la désescalade, certaines se rendant profondément en territoire israélien. Israël, qui a prévenu qu'elle frapperait Gaza encore plus durement que lors de la dernière semaine si le Hamas ne cessait pas ses tirs de roquettes, a retenu ses opérations pendant plusieurs heures, avant de reprendre ses raids en mi-journée, mardi.

Les tirs de mardi ont également entraîné la mort d'un premier Israélien, la police de l'État hébreu indiquant qu'un homme dans la trentaine avait été tué près de la frontière avec Gaza, alors qu'il livrait de la nourriture aux soldats.

Après les tirs renouvelés de roquettes à partir de Gaza, mardi, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, ont donné la directive à l'armée d'«agir avec intensité contre les cibles terroristes à Gaza», a indiqué un responsable israélien sous le couvert de l'anonymat puisqu'il n'était pas autorisé à parler de la décision aux médias.

Lors d'un discours diffusé en soirée à la télévision, M. Nétanyahou a affirmé qu'après le rejet de la trêve par le Hamas, Israël n'avait d'«autre choix» que de répondre plus fermement. «Le Hamas a choisi de continuer à se battre, et paiera le prix de cette décision», a-t-il dit. «Lorsqu'il n'y a pas de cessez-le-feu, notre réponse sera le feu.»

Israël avait cessé les tirs et les bombardements pendant six heures, mardi, après avoir accepté la proposition égyptienne, mais puisque le Hamas continuait de lancer des roquettes, Tsahal a repris les frappes en après-midi.

«Ce que les informations sur ces nouveaux décès indiquent, c'est que la situation n'est pas durable», a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest. «Tous les yeux sont désormais tournés vers le Hamas et les groupes tirant des roquettes à partir des territoires palestiniens.»

Le Hamas estime avoir bien peu à perdre en poursuivant les combats: une trêve en des termes peu favorables pourrait affaiblir davantage son emprise sur la Bande de Gaza, qu'il contrôle depuis 2007.

Depuis le début des combats le 8 juillet, plus de 190 Palestiniens ont été tués par des centaines de raids israéliens, et des millions d'Israéliens ont été exposés aux tirs de roquettes.

Les responsables du Hamas ont rejeté le plan égyptien dans son état, disant ne pas avoir été consultés et déplorant l'absence d'avancées concrètes. Certains ont dit y voir un ultimatum lancé au Hamas par Israël et l'Égypte. Toutefois, le Hamas a dit être disposé à étudier une nouvelle proposition de cessez-le-feu.

Un haut responsable de l'armée israélienne a laissé entendre que le plan égyptien ne s'était pas entièrement effondré. Il a précisé que même si Tsahal avait recommencé à bombarder Gaza, les attaques cesseraient si le Hamas acceptait la trêve, et que les prochaines heures seraient critiques. Dans le cas contraire, l'armée a un plan pour accroître sensiblement l'ampleur de son offensive, y compris une possible intervention au sol, a mentionné ce responsable.

Le plan prévoyait la fin des hostilités dès mardi afin que des négociations sur l'assouplissement des mesures frontalières à Gaza puissent ensuite s'engager sans délai.

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