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Koweït: l'opposition s'élève contre les menaces de retrait de la citoyenneté

15/07/2014 05:20 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

L'opposition koweïtienne a dénoncé mardi la menace du gouvernement de retirer la citoyenneté aux personnes portant atteinte à la sécurité, y voyant une tentative d'empêcher les manifestations dans ce riche pays du Golfe qui traverse des crises politiques à répétition.

Le gouvernement a brandi cette menace lundi et promis d'agir d'une "main de fer", deux semaines après des manifestations parfois violentes contre l'arrestation d'un ténor de l'opposition, Musallam al-Barrak.

"C'est une invitation aux services de sécurité pour empêcher les manifestations pacifiques de l'opposition", a dénoncé le Mouvement progressiste, un groupe d'opposants de gauche.

"Le communiqué du gouvernement est une bénédiction, pour la police (hostile aux manifestations) et la répression du peuple et des opposants", a pour sa part affirmé sur Twitter, Mubarak al-Waalan, un ex-élu de l'opposition.

"Le retrait de la citoyenneté est un acte d'agression, notamment quand il est fait sur des bases politiques ou religieuses", a renchéri, Bachar al-Sayegh, un dirigeant de l'Alliance nationale démocratique (opposition libérale).

Mais la politique de fermeté promise par le cabinet koweïtien a trouvé des faveurs chez de nombreux élus pro-gouvernementaux.

"Un grand merci au gouvernement pour sa déclaration décisive et ferme", a notamment réagi Nabil al-Fadhl sur Twitter.

La détention de Musallam al-Barrak, un ex-député qui avait accusé en juin d'anciens responsables, dont des membres de la famille régnante, d'avoir détourné des dizaines de milliards de dollars, a provoqué une vague de protestation parmi ses partisans.

Accusé d'avoir insulté le Conseil suprême de la justice, il a passé six jours en détention début juillet avant d'être libéré sous caution.

Après sa sortie de prison, il a de nouveau critiqué la justice et prévenu que la contestation se poursuivrait jusqu'à ce que le pays obtienne "un gouvernement élu, qui sorte des urnes".

Ces développements font craindre une nouvelle période d'instabilité. De 2006 à 2013 le pays a traversé une période de turbulences politiques avec la démission d'une dizaine de gouvernements et la dissolution de six Parlements.

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