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Kenya: les victimes des violences postélectorales de 2007-2008 réclament toujours justice (Amnesty)

15/07/2014 04:39 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

Les victimes des violences postélectorales de 2007-2008 au Kenya, qui ont fait un millier de morts, réclament toujours justice, a affirmé mardi Amnesty International, appelant à "mettre fin à l'impunité".

"Six ans après que les violences postélectorales ont frappé le Kenya, les victimes attendent toujours que justice soit rendue", souligne l'organisation de défense des droits de l'Homme dans un rapport.

"Il est vital que leurs voix soient entendues et que des mesures urgentes soient prises", a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty.

Les violences qui avaient suivi l'élection présidentielle de décembre 2007, les pires qu'ait connues le Kenya depuis son indépendance en 1963, avaient fait plus de 1.100 morts et quelque 600.000 déplacés, dont certains le sont toujours. Elles avaient éclaté après l'annonce de la réélection contestée du président sortant Mwai Kibaki.

L'actuel président Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto - alors dans des camps rivaux mais élus sur un ticket commun en mars 2013 - sont accusés de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) pour leurs responsabilités présumées dans ces violences.

"Il est temps de mettre fin à l'impunité", a estimé Amnesty, en interpellant le gouvernement kényan.

Selon elle, "la plupart des auteurs des crimes n'ont toujours pas été jugés" et un "programme de réparation" doit être mis en place pour aider les victimes ou leurs familles à "reconstruire leurs vies brisées".

Dénonçant "l'absence d'enquête (...) sur les crimes", Amnesty a appelé à une plus forte mobilisation de la police et de la justice et à une meilleure protection des victimes, des témoins et des défenseurs des droits de l'Homme.

Elle a aussi exhorté le gouvernement à montrer une "pleine coopération avec la CPI" et à cesser "ses démarches politiques au sein de l'Union africaine (UA) pour obtenir l'arrêt des enquêtes et des poursuites de la CPI au Kenya".

Fin 2013, l'UA avait demandé une suspension du procès des dirigeants kényans, une requête rejetée par l'ONU.

Le procès de M. Ruto devant la CPI s'est ouvert en septembre 2013 à La Haye et celui de M. Kenyatta a été reporté à octobre prochain. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, en difficulté en partie à cause du retrait de nombreux témoins, possibles cibles d'intimidations, accuse le Kenya "d'obstruction", car il refuse de lui communiquer certains documents.

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