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Gala Juste pour rire «Les politiciens» : promesses non tenues (PHOTOS)

15/07/2014 06:05 EDT | Actualisé 15/07/2014 08:58 EDT
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Aucun scandale n’a rejailli du Gala Juste pour rire de Pierre Verville et André-Philippe Gagnon, brodé autour des politiciens, lundi. Aucune corruption, aucune enveloppe brune, aucune magouille. Mais aucune révolution humoristique non plus. À l’instar de la soirée animée par Laurent Paquin, ce week-end, ce deuxième Gala du Festival 2014 s’est avéré tranquille, correct, ponctué de plusieurs chouettes moments, qui auront toutefois tous été oubliés dans une semaine. Un peu comme les politiciens et leurs promesses non tenues…

Le numéro d’ouverture nous a fait craindre le pire. Déguisés en Batman et Robin, pour représenter les «Batmaires» Denis Coderre et Régis Labeaume, André-Philippe Gagnon et Pierre Verville nous ont servi de nombreux gags tombés à plat sur nos dirigeants actuels. Les hésitations «fédéralistes, souverainistes ou opportunistes» de François Legault, les volte-face du Parti québécois, les frasques de Rob Ford et le système de santé de Barack Obama ont tous été étudiés avec plus ou moins d’acuité. On espérait beaucoup plus que ce terne résultat.

Pendant le spectacle, on a aussi renoué avec quelques-unes des plus belles voix des deux hôtes, qui ont sorti leurs imitations les plus célèbres pour introduire leurs différents invités. Gagnon avait ainsi emmené avec lui Elvis Gratton, Lise Dion et Georges Laraque, tandis que Verville s’est pour sa part commis en Marcel Leboeuf, Simon Durivage et Denis Lévesque. On a aussi eu droit à deux versions d’Yvon Deschamps et, dans le sketch de clôture, à Serge Fiori, Bernard «Rambo» Gauthier, Stephen Harper, Karim Ouellet, Sam Hamad, Pierre Lapointe et Tony Acurso, qui a poussé la note sur l’air de Dégénérations, de Mes Aïeux, en modifiant bien sûr les paroles. La formule est toujours agréable, mais le manque de pastiches inédits était décevant.

Chapeau à Bilodeau

Parmi les belles surprises, Emmanuel Bilodeau, en aspirant politicien soucieux de l’environnement, a proposé l’un des meilleurs segments. Il a blagué sur les accidents de vélo récents de deux députés du Parti québécois, Sylvain Gaudreault et Pierre Karl Péladeau, rebaptisant au passage PKP, «Péclopé». Il a décoché plusieurs flèches, dont une sentie à Pauline Marois («On ne lui a même pas léché sa chatte… Euh, laissé sa Charte!»), et une autre à Yves Bolduc, soutenant que ce dernier était le fils de La Bolduc. En fait, la prestation d’Emmanuel Bilodeau était à l’image de ce qu’on aurait aimé applaudir tout au long de ce Gala sur les politiciens.

On a découvert un talent prometteur, lundi. Le petit Louis-Julien Durso, 12 ans, est un imitateur en herbe démontrant déjà de belles aptitudes. Assis au piano, l’adolescent a caricaturé Cœur de pirate avec une précision plutôt habile, compte tenu de sa voix enfantine. Et l’excellent Mathieu Cyr a été extrêmement efficace avec ses réflexions d’une grande lucidité. «Les Québécois ne peuvent pas être racistes. Tu ne peux pas dire à quelqu’un : “Retourne dans ton hos*** de pays”, quand tu as refusé deux fois d’avoir le tien!» Le gaillard a aussi trouvé une manière limpide de se présenter au parterre. «J’ai l’air d’un candidat du Bloc Pot, j’ai la moustache d’une candidate de Québec Solidaire et je vole le signal Wi-Fi à mes voisins, c’est mon petit côté libéral.»

François Léveillée, Suzanne Champagne et Louis T. s’en sont tous très bien tirés. Léveillée a interprété un personnage, celui du commissaire scolaire peu compétent Edouard Blanchet. Suzanne Champagne a incarné avec brio Pauline Marois, comme elle le fait chaque année dans la pièce Revue et corrigée, au Théâtre du Rideau Vert. Belle initiative que de lui offrir cette nouvelle tribune. Louis T., lui, a parlé de son interminable quête d’un médecin de famille, relatant ses expériences aux cliniques sans rendez-vous, aux CLSC et à l’urgence. L’assistance, visiblement interpellée par son propos, l’a chaudement salué. Guy Nantel, de son côté, a été à sa propre hauteur, n’épargnant pas la commission Charbonneau, Denis Coderre et Gaétan Barrette.

Béland incompréhensible

On avait eu une bonne idée qui a tourné à vide en installant Normand Brathwaite sur une immense croix pour représenter le crucifix de l’Assemblée nationale, sujet de grande controverse. Pierre Verville et André-Philippe Gagnon ont personnifié différents hommes politiques venus prier ce Jésus de fortune pour comprendre leur destin. Brathwaite a toujours de la répartie, mais cette fois, ses réflexes n’ont pas semblé particulièrement aiguisés et ses plaisanteries sur Réno-Dépôt étaient plus exaspérantes qu’autre chose. Puis, cette parodie d’émission sportive mettant encore en vedette le tandem Verville-Gagnon, avec le joueur de hockey Patrice Lemieux, s’est rapidement épuisée et a tourné en rond. Lemieux a quelque peu sauvé la mise avec ses expressions toujours déroutantes.

La palme du malaise de la soirée revient à Réal Béland, qui s’est glissé dans la peau d’un étrange alter ego, le «président de la Fédération des stickers d’avertissements», drôle de bonhomme à l’air perdu et aux cheveux ébouriffés. Béland a usé de ce prétexte pour balancer des «vérités» saugrenues, du genre : «La meilleure façon de se protéger d’un pyromane, c’est de lui présenter une femme-fontaine». La livraison de ces blagues niaises et éculées s’égarait dans tous les sens, on perdait souvent le fil et, finalement, tout ça n’aboutissait pas à grand-chose. Et quel est le rapport avec les politiciens? Bizarrement, il s’est mérité une généreuse ovation debout. Mais nous, on ne l’aurait certainement pas réélu, celui-là.

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