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Gaza: Israël accepte l'offre de trêve égyptienne, le Hamas la rejette en l'état

15/07/2014 07:53 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Le gouvernement israélien a accepté une proposition égyptienne de trêve à Gaza, rejetée par le Hamas palestinien qui menace d'intensifier les hostilités avec Israël, entrées dans leur deuxième semaine, tant qu'il n'aura pas obtenu la levée du blocus de l'enclave palestinienne.

"Le cabinet de sécurité a décidé d'accepter l'initiative égyptienne pour un cessez-le-feu commençant à 09H00 locales (06H000 GMT)" mardi, a affirmé un porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L'armée israélienne a stoppé ses raids sur le territoire palestinien, qui ont fait depuis une semaine près de 200 morts et 1.300 blessés, en majorité des civils, selon des journalistes de l'AFP à Gaza.

Mais depuis 06H00 GMT, près de 35 roquettes ont été tirées de Gaza en direction d'Israël, selon l'armée. L'une visait la région de Haïfa, à 160 km au nord du territoire palestinien. Un soldat a été légèrement blessé par des éclats à Sdérot, près de Gaza.

M. Netanyahu a prévenu mardi que si le Hamas rejetait la trêve et poursuivait ses attaques à la roquette, l'armée israélienne amplifierait son offensive.

"Israël aura toute la légitimité internationale pour élargir ses opérations militaires afin de ramener le calme nécessaire", a averti M. Netanyahu en recevant le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier à Tel-Aviv.

Son cabinet de sécurité, qui réunit les principaux ministres, a accepté à une large majorité une initiative de cessez-le-feu présentée par Le Caire qui propose un "arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres" à compter de mardi à 06H00 GMT et l'ouverture dans la foulée de négociations sur l'entrée des biens et des personnes dans l'enclave palestinienne sous blocus israélien.

- Libération de prisonniers -

Mais le Hamas à Gaza, affirmant avoir eu connaissance du plan égyptien par les médias, a écarté tout cessez-le-feu qui n'inclurait pas un accord complet sur le conflit l'opposant à Israël.

Il exige l'arrêt des bombardements, la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontière de Rafah avec l'Egypte et la libération des prisonniers arrêtés de nouveau après avoir été relâchés dans le cadre d'un accord d'échange contre un soldat israélien en 2011.

"Un cessez-le-feu sans parvenir à un accord est exclu. En temps de guerre, on ne cesse pas le feu pour ensuite négocier", a déclaré à l'AFP Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas à Gaza.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a qualifié la proposition égyptienne de "reddition" et menacé d'"intensifier" sa lutte contre Israël.

Toutefois, la direction politique du mouvement islamiste apparaissait divisée, le numéro deux du mouvement islamiste, Moussa Abou Marzouk, basé au Caire, affirmant sur sa page Facebook que "les consultations se poursuivaient".

Face à la détérioration de la situation à Gaza, le ballet diplomatique s'accélérait mardi.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a pressé le Hamas d'accepter la trêve et s'est réjoui de la décision d'Israël de l'accepter.

"La proposition égyptienne d'un cessez-le-feu et des négociations est l'occasion de mettre fin à la violence et de ramener le calme", a plaidé M. Kerry, annoncé mardi au Caire par les médias égyptiens mais dont la visite n'avait pas été confirmée.

- Abbas au Caire -

Le président palestinien Mahmoud Abbas a lui appelé les deux parties à respecter le cessez-le-feu. Il devait se rendre en Turquie, une alliée du Hamas, puis en Egypte pour discuter de la situation à Gaza, selon des sources palestiniennes.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël de "terrorisme d'Etat" et de perpétrer un "massacre" parmi la population civile.

Entre-temps, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a commencé mardi une brève visite en Israël et en Cisjordanie, où il devait rencontrer M. Abbas. La ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE, est également arrivée mardi en Israël.

La nouvelle spirale de violences a été enclenchée après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens près de Hébron (Cisjordanie occupée) en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois extrémistes juifs doivent être inculpés dans les prochains jours.

Selon l'armée israélienne, plus de 850 roquettes ont atteint Israël depuis le début des hostilités et près de 200 ont été interceptées par la défense anti-aérienne. Elles ont fait quatre blessés graves.

Le conflit, s'il perdure, menace de s'étendre à la frontière nord d'Israël.

L'armée de l'air israélienne a frappé mardi à l'aube trois cibles administratives et militaires dans la partie non occupée du Golan syrien, tuant quatre personnes dont deux femmes, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ces frappes interviennent après l'annonce de l'armée israélienne que deux roquettes tirées depuis la Syrie sont tombées lundi sur le Golan, région occupée par Israël, sans faire de victimes.

bur-agr/feb

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