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É.-U.: des résidents de l'Arizona veulent bloquer l'arrivée de migrants

15/07/2014 04:36 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

ORACLE, États-Unis - Des dizaines de manifestants partisans des deux camps dans le cadre du débat sur l'immigration se sont présentés mardi dans une petite ville située près de Tucson, au Texas, après que le shérif eut déclaré que le gouvernement fédéral prévoyait y transporter environ 40 enfants immigrants pour les installer dans une école pour élèves en difficultés.

Ces rassemblements viennent donner corps aux profondes divisions provoquées par les questions d'immigration aux États-Unis. Un groupe brandissait des drapeaux américains, levant des pancartes où on pouvait lire «Retour à l'expéditeur» et «Rentrez chez vous, non-Américains», en plus d'affirmer vouloir bloquer un autobus devant arriver avec les enfants à son bord. Quelques kilomètres plus loin, des manifestants pro-immigrants affichaient plutôt des messages d'accueil favorables. Les deux groupes comptaient une cinquantaine de personnes chacun.

La colère gronde dans la ville d'Oracle depuis que le shérif du comté de Pinal, Paul Babeu, a fait savoir la semaine dernière que des enfants migrants provenant d'Amérique centrale arrêtés alors qu'ils franchissaient illégalement la frontière seraient installés dans une institution de la ville. Les manifestants espéraient répéter le rassemblement tenu à Murrieta, en Californie, où d'autres immigrants avaient récemment été transportés.

M. Babeu, qui n'en est pas à sa première déclaration incendiaire sur les immigrants, aurait ainsi alimenté les efforts des protestataires anti-immigration par des messages sur les médias sociaux, un communiqué publié lundi, et en coulant des informations sur l'arrivée des migrants à un militant local. Il s'est adressé aux deux groupes de manifestants, leur demandant de garder leur calme, de respecter la loi et de dégager les routes.

Le shérif dit craindre pour la sécurité du public, puisqu'il ne sait pas si les enfants migrants ont des liens avec des gangs ou s'ils souffrent de problèmes de santé. Il affirme toutefois que les informations sur leur état de santé sont sans doute exagérées.

Des appels effectués auprès de l'académie devant accueillir les migrants sont demeurés sans réponse. Un porte-parole du département fédéral de la Santé et des Services sociaux a mentionné que l'agence n'identifierait pas l'emplacement des refuges pour les migrants, afin de protéger leur sécurité et leur identité.

Les tensions montent depuis qu'une importante augmentation du nombre d'enfants voyageant seuls et franchissant la frontière illégalement a débuté il y a plus d'un mois. Bien que largement considéré comme une crise humanitaire, cet afflux d'immigrants est aussi devenu matière à munitions politiques.

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