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Un groupe écologiste déplore les menaces pesant contre les parcs nationaux

14/07/2014 10:10 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Un groupe environnemental dénonce l'état des parcs nationaux du Canada.

La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNPC) a indiqué, dans son examen annuel, que les menaces contre la majorité des parcs nationaux et des aires protégés du pays «sont montées en crescendo» depuis l'année dernière.

Une porte-parole de l'organisation, Alison Woodley, a déclaré que la SNPC s'inquiète «de la tendance des gouvernements à accorder la priorité aux intérêts industriels et commerciaux, sans tenir compte des avantages écologiques, sociaux et économiques associés à l’établissement de parcs au Canada, et à leur protection». Selon elle, plusieurs décisions sont prises «en faisant fi de fondements scientifiques et de l’opinion publique».

La SNPC a cité l'exemple du gouvernement de la Colombie-Britannique qui a amendé, en mars, sa loi sur les parcs pour faciliter l’aménagement de pipelines et à d’autres formes de développement industriel. Elle déplore l'absence de débats sur ce sujet.

La ministre de l'Environnement de la province, Mary Polak, a démenti les accusations du groupe écologiste. S'il est vrai que le développement sera permis, assure-t-elle, il n'y aura pas «de forage, d'exploitation minière, de lignes de transmission ou de puits de gaz naturel».

L'organisation a aussi dénoncé une entente entre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et l'entreprise forestière J.D. Irving qui permettra «d'intensifier l’exploitation forestière dans des régions auparavant destinées à la protection de la faune et de l’eau».

La SNPC a aussi soulevé des inquiétudes au sujet d'un projet d'hôtellerie au lac Maligne, dans le parc national de Jasper, en Alberta, du projet du gouvernement du Yukon d'ouvrir à 71 pour cent le bassin hydrographique de la rivière Peel à l’exploitation minière, pétrolière et gazière et des plans d'aménagement d'aires protégées qui piétinent à Terre-Neuve, au Québec et en Alberta.

«À la lumière du bilan de cette année, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi est-ce si difficile d’établir des parcs ou autres formes d’aires protégées pour assurer la protection de la nature extraordinaire du Canada alors qu’il est évident que ces moyens procurent des avantages pour les êtres humains, la nature et l’économie», a souligné Mme Woodley.

«Les Canadiens aiment leurs parcs, qui sont, de toute évidence, extrêmement bénéfiques à la fois pour les personnes et pour la nature. Nous exhortons donc les gouvernements à mieux reconnaître la valeur réelle des parcs dans leurs processus décisionnels», a-t-elle ajouté.

Malgré ces critiques, la SNPC a tenu à accueilli favorable un certain nombre de décisions. Elle a notamment salué le rejet d'une proposition de fracturation et de forage pétrolier à proximité des limites du parc national Gros Morne, à Terre-Neuve, le lancement d'un processus visant à créer un vaste parc qui permettra de protéger l’ours blanc et d’autres espèces sur la côte de la baie d’Hudson, au Manitoba, et les progrès réalisés dans le projet de création du parc territorial Kusawa au Yukon.

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