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Les forces de Kiev progressent vers Lougansk, mais un avion est abattu

14/07/2014 09:21 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT
DOMINIQUE FAGET via Getty Images
Photo taken on July 14, 2014 shows a destroyed armoured vehicle on the road of the airport in the south of Lugansk. The defence ministry said Monday that Ukrainian jets carried out five air strikes against separatist positions close to Lugansk but there was no confirmation of rebel claims that Kiev had massed tanks in the outskirts ahead of a major push into the city. AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET (Photo credit should read DOMINIQUE FAGET/AFP/Getty Images)

Les forces ukrainiennes ont réussi lundi de débloquer l'aéroport de Lougansk, mais ont perdu un avion de transport, abattu par les rebelles prorusses, au moment où Moscou faisait monter la tension après un incident frontalier.

"L'état-major de l'opération antiterroriste a rapporté au président Petro Porochenko que les militaires ukrainiens étaient arrivés, après des combats, à l'aéroport de Lougansk", a annoncé la présidence dans la nuit de dimanche à lundi.

Endommagé et fermé depuis plusieurs semaines, cet aéroport était contrôlé par les loyalistes, mais rendu quasiment inaccessible par la présence de séparatistes tout autour. Il apparaissait comme l'un des points importants des défenses des insurgés sur le chemin de Lougansk.

Mais, quelques heures après ce succès, les rebelles annonçaient avoir abattu un avion de transport militaire au-dessus de la région de Lougansk.

Après que l'avion eut été touché, trois parachutes ont été vus dans le ciel et une opération de ratissage a été déclenchée dans le secteur pour retrouver l'équipage, a annoncé le service de presse de la "République populaire de Lougansk" autoproclamée.

Du côté ukrainien, un porte-parole militaire a indiqué à l'AFP que le contact avait été perdu avec un appareil AN-26, ajoutant que seuls le pilote et les autres membres de l'équipage étaient à son bord, sans toutefois préciser leur nombre, ni confirmer la chute de l'appareil.

Sur la route allant de Donetsk à Lougansk, des journalistes de l'AFP ont vu des traces des intenses combats de la veille : un char détruit dans un champ, deux transports de troupes blindés incendiés et qui fumaient encore, mais dont il était impossible de connaître l'appartenance.

- "Dangereuse escalade" -

A Lougansk même, la circulation était très réduite après les affrontements qui ont commencé dimanche après-midi et se sont prolongés pendant une partie de la nuit, à l'ouest de la ville et dans la zone de l'aéroport, selon des témoignages d'habitants.

Des groupes de combattants parcouraient la ville à bord de voitures de couleur sombre ou de pick-ups, et, près d'un hôpital, des séparatistes étaient juchés sur un camion muni d'un canon antiaérien de gros calibre.

Est-ce que les combats de la veille étaient un véritable assaut pour prendre la ville ? "Je ne peux rien dire, secret militaire. Mais si c'était un assaut, il a échoué", a dit un combattant qui a refusé de donner son nom.

Des combats continuaient lundi matin, a affirmé le service de presse de la "République populaire de Lougansk", atteignant les villages de Metalist (au nord), d'Olexandrivka (à l'ouest), de Gueorguiivka et de Raskochna (sud-ouest), ainsi que l'aéroport (sud), ce qui reflète la manoeuvre d'encerclement effectuée par les forces gouvernementales.

Pendant ce temps, la recherche d'une solution politique semblait au point mort. La rencontre du président russe Vladimir Poutine avec la chancelière allemande Angela Merkel à Rio, en marge de la finale du Mondial, n'a abouti qu'à la répétition de leur souhait de "discussions directes dès que possible" entre Kiev et les séparatistes pour parvenir à un cessez-le-feu bilatéral.

La réalisation de ces souhaits se heurte depuis plusieurs jours à l'exigence de l'Ukraine de reprendre au préalable le contrôle de sa frontière avec la Russie, exigence que les rebelles et Moscou rejettent implicitement, mais fermement.

Le dialogue est devenu encore plus difficile dimanche après un incident frontalier entre l'Ukraine et la Russie. Accusant les forces de Kiev d'être à l'origine d'un tir d'obus qui a fait un mort du côté russe de la frontière, Moscou a évoqué une "escalade extrêmement dangereuse" et menacé l'Ukraine de "conséquences irréversibles".

- "Séparatistes et leurs sponsors" -

Les autorités ukrainiennes ont démenti tout rôle dans cet incident, assurant que "les militaires ukrainiens n'ont jamais tiré sur le territoire de l'État voisin".

Il serait absurde, pour l'armée ukrainienne, de provoquer une éventuelle riposte des troupes russes, beaucoup plus puissantes, estime un expert, Alexeï Goloboutskiï, chef adjoint de l'Agence de modélisation de situations. "Pour l'Ukraine, un tel tir ne ferait qu'ajouter de nouveaux problèmes, avec des images de maisons détruites et de blessés (en Russie), dont elle n'a vraiment pas besoin", a-t-il dit à l'AFP.

"De tels incidents servent les séparatistes et leurs 'sponsors'. Compte tenu du fait que la Russie fournit aux séparatistes des armements et contrôle une partie du territoire, il lui est facile de faire tourner les canons en direction du territoire russe. Puis, en accusant l'Ukraine, on obtient un bel effet de propagande", a estimé M. Goloboutskiï.

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