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New York: violence des gardiens en hausse à la prison de Rikers Island (NYT)

14/07/2014 02:29 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

La violence s'aggrave à la prison de Rikers Island à New York, la 2è plus grande des Etats-Unis, où les gardiens utilisent de plus en plus souvent la force contre un nombre croissant de détenus malades mentaux, rapporte lundi le New York Times.

En 11 mois l'an dernier, 129 détenus y ont été grièvement blessés dans des altercations avec des gardiens --fractures, blessures nécessitant des points de suture, blessures à la tête, tympans éclatés et même perforation intestinale--, rapporte le journal, qui a enquêté pendant quatre mois et revu chacun de ces cas.

77% des blessés souffraient de troubles mentaux. 73% avaient été frappés à la tête. 80% avaient été frappés alors qu'ils étaient menottés.

"Le nombre croissant de détenus mentalement instables, qu'il s'agisse de dépression, schizophrénie ou troubles bipolaires, est un facteur majeur de la violence. Rikers Island compte autant de personnes avec des maladies mentales - quelque 4.000 pour 11.000 prisonniers - que les 24 hôpitaux psychiatriques de l'Etat de New York. Ils constituent désormais presque 40% de la population carcérale, contre 20% il y a 8 ans", souligne le quotidien.

Ces détenus sont responsables de deux tiers des infractions dans la prison, et de la très grande majorité des agressions contre le personnel.

Peu formé à ces problématiques, celui-ci "s'appuie sur les gaz lacrymogènes, les immobilisations au sol, et les poings pour les maîtriser", ajoute le New York Times, qui précise que durant les six premiers mois de 2014, les gardiens ont eu recours à la force 1.927 fois, un tiers de plus que l'an dernier à la même époque.

"Dans nombre des cas examinés par le Times, la réponse des gardiens semble avoir été largement disproportionnée par rapport à l'offense", note aussi le journal, qui dénonce une violence "généralisée et routinière". Il mentionne un détenu sévèrement battu par quatre gardiens après avoir tenté de se pendre, et un autre battu pour ne pas s'être excusé assez fort, après avoir gardé la main de sa fiancée un peu trop longtemps dans la sienne.

Deux décès avaient récemment attiré l'attention sur cette violence.

En février, un vétéran SDF et malade mental était décédé après que le température dans sa cellule eut atteint près de 40°. Un mois plus tard, un gardien avait été inculpé, après la mort d'un schizophrène qui avait avalé du détergent, et demandé en vain pendant des heures à être soigné.

Aucun des gardiens impliqués dans les 129 cas de violences graves de l'an dernier n'a été poursuivi, selon le journal.

bd/lb

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