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Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature, est décédée à l'âge de 90 ans

14/07/2014 10:04 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

JOHANNESBURG - L'écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer, lauréate d'un prix Nobel pour ses romans explorant le coût des conflits raciaux dans son pays à l'époque de l'apartheid, est décédée à l'âge de 90 ans.

Sa famille a précisé par communiqué que Mme Gordimer est décédée paisiblement dans son sommeil, dimanche, à son domicile de Johannesburg. Son fils Hugo et sa fille Oriane étaient à ses côtés.

Nadine Gordimer a notamment écrit 15 romans et plusieurs recueils de nouvelles et autres textes, qui ont été traduits en 40 langues à travers le monde, selon le communiqué.

«Elle s'intéressait profondément à l'Afrique du Sud, sa culture, son peuple et ses difficultés à réaliser sa nouvelle démocratie», a écrit la famille. Elle a été particulièrement fière de remporter le prix Nobel et de témoigner en appui à un groupe de militants anti-apartheid accusés de trahison dans les années 1980, rappelle la famille.

Mme Gordimer était d'abord et avant tout une auteure de fiction. En tant que Sud-Africaine blanche qui détestait la déshumanisation des Noirs à l'époque de l'apartheid, elle a également joué un grand rôle dans l'histoire trouble de son pays. À cette époque, elle a fait l'éloge de Nelson Mandela, le prisonnier qui deviendra plus tard président, et a accepté la décision du principal mouvement anti-apartheid, le Congrès national africain, d'utiliser la violence contre le gouvernement blanc de l'Afrique du Sud.

«Ayant vécu ici 65 ans, avait-elle dit, je sais très bien que les Noirs ont refusé pendant très longtemps le recours à la violence. Nous, les Blancs, en sommes responsables.»

Mme Gordimer a raconté que sa première histoire «pour adultes», publiée dans un magazine littéraire alors qu'elle n'avait que 15 ans, avait été inspirée par sa réaction, enfant, lorsqu'elle a vu comment les Noirs se faisaient régulièrement humilier. Elle a raconté comment les Noirs, dans son village minier près de Johannesburg, n'avaient pas le droit de toucher les vêtements avant de les acheter dans les magasins, et comment la police a fouillé les appartements de la servante de sa famille pour y chercher de l'alcool, que les Noirs n'avaient pas le droit de posséder.

Cela «a commencé à me faire réfléchir à la façon dont nous vivions, et à la raison pour laquelle nous vivions ainsi», a-t-elle expliqué en entrevue avec l'organisation du prix Nobel en 2006.

Elle avait remporté le prix Booker en 1974 pour «The Conservationist» («Le Conservateur»), un roman racontant l'histoire d'un Sud-Africain blanc qui perd tout ce qu'il possède.

L'un de ses romans les plus populaires a cependant été «Burger's Daughter» («La Fille de Burger»), publié en 1979, trois ans après les émeutes de Soweto qui ont attiré l'attention mondiale sur la brutalité de l'apartheid.

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