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L'Égypte propose un plan de cessez-le-feu à Israël et au Hamas

14/07/2014 08:34 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

JÉRUSALEM - L'Égypte a présenté, lundi, un plan de cessez-le-feu afin d'arrêter les violents combats entre Israël et le Hamas qui ont coûté la vie à au moins 185 personnes dans la Bande de Gaza. Les deux adversaires disent l'étudier sérieusement.

Un chef du Hamas a confirmé qu'il y avait «du mouvement diplomatique» tandis que le cabinet de sécurité d'Israël doit discuter de la proposition mardi matin. Les ministres des Affaires étrangères des pays arabes en ont parlé lundi soir lors d'une réunion d'urgence au Caire. Le secrétaire d'État des États-Unis, John Kerry, est attendu dans la région, ce mardi

Israël a lancé une offensive le 8 juillet, affirmant vouloir réagir aux tirs de roquettes intensifs provenant de la Bande de Gaza. Le ministère de la Santé de Gaza a indiqué que 185 personnes, dont des dizaines de civils, ont péri sous les bombes israéliennes. Le nombre de blessés s'élève à plus de 1000.

Aucun Israélien n'a été tué mais plusieurs citoyens du pays ont été atteints par des éclats de roquettes, dont deux soeurs âgées respectivement de 11 et de 13 ans qui ont été sérieusement blessées lundi.

Rien n'annonçait un ralentissement des combats avant la proposition égyptienne. Le Hamas a même, pour la première fois, lancé un drone dans l'espace aérien d'Israël. L'appareil a été abattu.

Les autorités israéliennes ont maintenu que l'objectif de la campagne militaire était de rétablir la tranquillité dans le sud du pays, Tout cessez-le-feu doit garantir une longue période de tranquillité, ont-elles ajouté.

Le Hamas refuse d'échanger «du calme contre du calme». L'organisation réclame un allègement du blocus iraélo-égyptien qui nuit à l'économie de Gaza. Elle demande aussi la libération de plusieurs dizaines de prisonniers qui ont été lors d'une opération récente en Cisjordanie.

Le plan présenté par l'Égypte prévoit trois phases. La première serait l'établissement d'un cessez-le-feu temporaire qui entrerait en vigueur dans les 12 heures après «l'accord inconditionnel» des deux parties. La frontière entre Israël et Gaza serait ensuite rouverte. Finalement, des négociations entre les deux parties débuteraient dans les 48 heures au Caire. Selon le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Shukri, la seule solution est un retour à la trêve de novembre 2012. M. Shukri a dit que l'Égypte a contacté toutes les parties en cause, y compris les autorités palestiniennes, les divers factions palestiniennes, Israël, les pays arabes et d'autres États. Ces contacts ont permis d'élaborer le plan.

Un chef du Hamas, Ismail Haniyeh, a indiqué que son organisation voulait «la fin de l'agression, la fin du siège et que la population de Gaza puisse vivre dans la dignité».

Un porte-parole israélien a confirmé que le premier ministre Benyamin Netanyahou avait convoqué une réunion de son cabinet de sécurité pour discuter de la proposition.

Un membre du cabinet, Naftali Bennett, a déjà annoncé, qu'il s'y opposera, affirmant que la proposition «est bonne pour le Hamas et mauvaise pour Israël».

«Accepter un cessez-le-feu à ce moment-ci démontrerait la faiblesse du gouvernement, a-t-il dit. Un cessez-le-feu encouragerait une plus grande campagne contre le sud du pays et amènerait un intensification des tirs de roquettes.»

Le président des États-Unis, Barack Obama, a loué la proposition égyptienne, affirmant à des Américains musulmans, qu'il espérait qu'elle contribuera à restaurer la paix. «Nous continuerons à faire tout à notre pouvoir pour faciliter un retour au cessez-le-feu de 2012, a-t-il dit lors d'un souper visant à célébrer le mois du Ramadan. Nous sommes encouragés par le fait que l'Égypte a fait une proposition pour atteindre cet objectif.»

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