POLITIQUE

La Romaine : les phases 3 et 4 pourraient ne jamais être complétées, laisse entendre Philippe Couillard

14/07/2014 05:53 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a laissé entendre lundi que les phases 3 et 4 du complexe hydroélectrique sur la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, pourraient ne jamais être complétées.

Le controversé projet, lancé par l'ancien premier ministre libéral Jean Charest, prévoit la construction de quatre centrales d'ici 2020 au coût de 6,5 milliards de dollars.

« Pour développer les prochaines phases, on n'est pas là encore, on va finir ce qui est en cours actuellement [les phases 1 et 2]. On va les évaluer et on va voir justement quel est le besoin », a-t-il dit en marge d'une rencontre avec ses homologues américains de la Nouvelle-Angleterre et les premiers ministres de l'est du Canada à Bretton Woods, au New Hampshire.

Un rapport commandé par le gouvernement péquiste recommandait, à l'hiver dernier, de suspendre des investissements dans le complexe de La Romaine-3 et de La Romaine-4. Le document évaluait les pertes pour Hydro-Québec à 1,2 milliard de dollars d'ici 2017, et à 2 milliards d'ici 2025, en raison de ses importants surplus d'électricité.

À l'époque, l'ex-ministre péquiste des Ressources naturelles, Martine Ouellet, avait jugé que le projet était trop avancé pour être stoppé. 

Philippe Couillard semble maintenant ouvrir la porte à l'abandon de deux barrages, mais il soutient qu'il n'a aucun problème avec le fait qu'Hydro-Québec génère des surplus d'électricité, et qu'il s'agit plutôt d'un atout pour le Québec. 

Vendre l'électricité du Québec

Durant la rencontre de deux jours à Bretton Woods, qui se terminait lundi, M. Couillard a surtout mis l'accent sur le potentiel d'exportation de l'électricité de la province.

Selon lui, la Nouvelle-Angleterre affiche un intérêt renouvelé pour l'hydro-électricité, et le Québec doit profiter de cette occasion pour reprendre son rôle de leader énergétique dans la région.

« La Nouvelle-Angleterre, c'est 50 % des exportations d'électricité du Québec, a-t-il rappelé lundi matin. Alors, c'est pour nous une occasion excessivement importante de développer cette question-là. »

Le premier ministre Couillard insiste cependant pour dire que toute exportation d'énergie produite par Hydro-Québec dépend de la construction de nouvelles lignes de transport. « Une nouvelle ligne de transmission est incontournable, a-t-il affirmé dimanche. Où elle se fera, dans quelles conditions, combien sera enfoui, combien ne sera pas enfoui, c'est un débat interne aux États de la Nouvelle-Angleterre. »

M. Couillard faisait face notamment à la gouverneure du New Hampshire, Maggie Hassan, qui a elle-même pris position contre l'un des trois projets de ligne de transport dans sa forme actuelle.

Au New Hampshire, le projet de ligne Nothern Pass, qui relierait l'État au Québec, coûterait 1,4 milliard de dollars américains. La ligne aurait une capacité de transport de 1200 mégawatts.

Des besoins en Nouvelle-Angleterre

Alors que le Québec enregistre chaque année d'importants surplus d'électricité, c'est tout le contraire en Nouvelle-Angleterre, où les États se trouvent aux portes d'une crise énergétique majeure, puisque plusieurs centrales atteindront bientôt leur fin de vie utile.

« Il y a un besoin réel. Le gouverneur du Connecticut le mentionnait à quel point le dernier hiver a été coûteux dans la Nouvelle-Angleterre parce qu'ils étaient à la limite de leurs infrastructures. Ils ont besoin d'infrastructures », a affirmé le président-directeur général d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, qui participe aussi à la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l'est du Canada.

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