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GB/pédophilie à Westminster : démission de l'ex-juge chargée de l'enquête

14/07/2014 08:45 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

L'ancienne juge britannique Elizabeth Butler-Sloss a démissionné lundi des fonctions auxquelles elle avait été nommée une semaine auparavant à la tête d'une enquête sur des accusations de pédophilie impliquant des responsables politiques et des institutions publiques dans les années 1980-90.

Sa nomination avait fait polémique. Son frère Michael Havers, qui était procureur général dans les années 80, est en effet accusé d'avoir tenté d'empêcher un ancien parlementaire de rendre publiques, au Parlement, des accusations de sévices sexuels.

"Il est devenu évident ces derniers jours que nombreux sont ceux, notamment au sein des associations de victimes, qui pensent que je ne suis pas la bonne personne pour présider cette enquête", a déclaré dans un communiqué celle qui avait été désignée par la ministre de l'Intérieur Theresa May pour réaliser cette vaste enquête.

"Il m'est également devenu clair que je n'ai pas suffisamment pris en compte l'idée que mon passé ou le fait que mon frère ait été procureur général à l'époque puisse poser problème", a ajouté Elizabeth Butler-Sloss.

"Ayant écouté les préoccupations des victimes et les critiques des parlementaires et des médias, je suis arrivée à la conclusion que je ne devais pas présider cette enquête", a-t-elle conclu, souhaitant que les investigations aboutissent.

Evoquant "une femme de la plus grande intégrité", Theresa May a accepté cette démission et a annoncé que le nom de son remplaçant ou de sa remplaçante serait annoncé "dès que possible".

"Nous sommes soulagés que Mme Butler-Sloss ait pris la décision de démissionner", a réagi Alison Millar, une avocate du cabinet Leigh Day qui défend des victimes présumées de sévices sexuels.

Soulignant que la question n'a jamais été "l'intégrité de Mme Butler Sloss", l'avocate a estimé que ce n'était "pas acceptable pour une enquête qui ne requiert pas seulement d'être transparente mais d'être perçue comme telle par ceux qui ont été trahis dans le passé par les autorités".

Des révélations de presse confirmées par les ministères concernés ont montré que 114 dossiers relatifs à des accusations de sévices sexuels infligés à enfants entre 1979 et 1999 avaient disparu. L'un de ces dossiers porte, selon la presse, sur l'implication de députés et d'autres personnalités politiques dans un réseau de pédophilie.

Cette affaire fait suite au scandale retentissant de l'affaire Savile, du nom d'un animateur de la BBC mort en 2011 qui est aujourd'hui considéré par Scotland Yard comme "l'un des pires criminels sexuels de l'histoire du pays".

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