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Bombardier annonce plusieurs ententes sur la CSeries

14/07/2014 07:51 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT
Bloomberg via Getty Images
A technician works on an airplane at the Bombardier Inc. production facility in Mirabel, Quebec, Canada, on Thursday, March 7, 2013. The CSeries is Bombardier’s biggest plane ever, and takes aim at the largest part of the global airliner market. Photographer: Patrick Doyle/Bloomberg via Getty Images

MONTRÉAL - L'interruption des essais en vol de la CSeries n'a pas empêché Bombardier de débuter le 49e Salon aéronautique de Farnborough du bon pied, lundi, en vertu de lettres d'entente qui pourraient se traduire par des commandes totalisant 24 appareils pour plus de 1,5 milliard $ US.

Au premier jour de l'événement qui se déroule en Grande-Bretagne, la société québécoise a annoncé que l'entreprise chinoise Zhejiang Loong Airlines avait signé une lettre d'intention pour 20 avions CS100. La valeur d'une telle commande serait de 1,28 milliard $ US.

De plus, le transporteur Petra Airlines, établi en Jordanie, a signé une lettre d'intention pour acheter deux CS100 et deux CS300. La valeur totale des quatre appareils est de 298,4 millions $.

Il s'agit d'une bonne nouvelle pour Bombardier (TSX:BBD.B), dont les avions CSeries sont cloués au sol depuis le 29 mai dernier en raison d'un problème relié au système d'huile survenu avec un moteur.

«C'est toujours une bonne chose de parler de commandes (...) de la CSeries, a indiqué son président et chef la direction, Pierre Beaudoin, en entrevue téléphonique, depuis Farnborough. C'est sûr que dans un programme d'essais en vol, il y a des hauts et des bas.»

Ce dernier a réitéré que les essais en vol devraient reprendre au cours des «prochaines semaines», sans dévoiler une date précise, puisque le manufacturier du moteur, Pratt & Whitney, s'affaire toujours à régler le problème.

«Ils (Pratt & Whitney) comprennent comment le corriger, a souligné M. Beaudoin. Il faut aussi un bon plan de retour pour éviter de prendre des risques, entre autres.»

Il a reconnu que l'interruption des essais en vol a été plus longue que prévu, mais a ajouté que les clients de l'avionneur comprennent les défis reliés au programme de la CSeries.

«Ils (les clients) en ont vu d'autres et ils sont contents de voir que nous nous penchons sur cette situation, a dit le pdg de Bombardier. Ce n'est pas un problème pour eux.»

L'interruption des essais en vol a également permis à l'entreprise d'effectuer des mises à jour de certains aspects du programme ainsi que de procéder à de la maintenance préventive, a souligné M. Beaudoin.

«Lorsque nous retournerons en vol nous serons en mesure d'accumuler les heures (nécessaire à la certification de l'appareil) plus rapidement», a-t-il assuré.

Néanmoins, l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, estime que ce retard d'environ deux mois dans le programme d'essais en vol de la CSeries pourrait faire en sorte que les premières livraisons de l'appareil n'auront lieu qu'à la fin de l'an prochain.

Les commandes de lundi s'ajoutent à la conversion d'une lettre d'intention ainsi que d'une option annoncée précédemment en février par Falcon Aviation Services, d'Abu Dhabi, pour deux CS300.

De plus, samedi, Falko Regional Aircraft, établie au Royaume-Uni, avait signé une lettre d'intention relativement à l'acquisition de 24 CS100, dont la valeur est estimée à 1,5 milliard $ US.

Les analystes du secteur de l'aéronautique ont accueilli favorablement ces annonces, qui, selon eux, sont les premières depuis le Salon aéronautique de Singapour, en février dernier.

«Nous demeurons confiants de voir Bombardier atteindre son objectif de 300 commandes fermes avant l'entrée en service de la CSeries, prévue au cours de la deuxième moitié de 2015, et que l'appareil représente une option valable dans le marché des appareils de 100 à 149 sièges», a indiqué dans une note Benoît Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins.

Le carnet de commandes de la CSeries — dont l'appareil n'est pas présent au Salon aéronautique de Farnborough — compte un engagement pour 495 appareils, dont 203 commandes fermes.

De son côté, M. Doerksen a souligné l'ajout de Zhejiang Loong Airlines comme client puisque la société québécoise mise sur la Chine pour bonifier son carnet de commandes de la CSeries.

«Même si Bombardier compte une commande de CDM Leasing, cette nouvelle commande provient d'un transporteur (aérien)», écrit l'analyste dans un rapport.

Bombardier recevra par ailleurs un coup de pouce des gouvernements du Québec et d'Ottawa afin d'accorder du financement à d'éventuels acheteurs en vertu d'un partenariat entre Investissement Québec, Exportation et développement Canada et U.K. Export Finance du Royaume-Uni.

Québec prévoit notamment une enveloppe de 1 milliard $ US comme appui financier, ce qui devrait, selon M. Beaudoin, faciliter le financement par emprunt d'éventuels acheteurs.

De plus, la société québécoise a annoncé qu'elle avait retenu Flight Training Alliance, une coentreprise formée par CAE (TSX:CAE) et Lufthansa Flight Training, comme fournisseur de formation autorisé exclusif pour former les pilotes et équipages de cabine des avions CSeries à l'échelle mondiale.

Finalement, Bombardier a révélé que le transporteur Air Baltic, établi en Lettonie, était le client non identifié qui avait commandé converti trois options en commandes fermes pour le CS300 en février dernier. La commande ferme initiale était de 10 avions avec options sur 10 autres. Les trois CS300 ont une valeur d'environ 228 millions $ US.

À la Bourse de Toronto, le titre de Bombardier a clôturé à 3,83 $, en hausse de six cents, ou 1,59 pour cent.

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