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Ç'a changé pour les Latinos depuis l'époque de Felipe Alou et Orlando Cepeda

14/07/2014 07:45 EDT | Actualisé 13/09/2014 05:12 EDT

SAN FRANCISCO - Felipe Alou et Orlando Cepeda ne parlaient presque pas l'anglais quand ils sont arrivés dans les ligues mineures au milieu des années 1950.

Ils s'étaient alors retrouvés parmi les premiers joueurs hispanophones à tenter l'aventure du baseball professionnel dans le but de se forger une nouvelle vie et de gagner de l'argent pour faire vivre les leurs à la maison. C'était une occasion en or de pratiquer un sport qu'ils adoraient, à la condition de relever les nombreux défis qui se présentaient en dehors du terrain.

Très vite, bien avant de devenir le joueur qui allait être élu au Panthéon du baseball, Cepeda s'est fait dire par un gérant de retourner chez lui à Porto Rico et d'apprendre l'anglais avant de revenir jouer aux États-Unis. Alou a vécu des choses semblables et il s'est forcé à parler un peu l'anglais quand il est arrivé en provenance de la République dominicaine, mais reste qu'il n'était pas très confiant quand il s'aventurait à le faire.

«À ma première année, tout était nouveau pour moi, c'était souvent une surprise, s'est rappelé Cepeda. Quand je suis arrivé en Virginie, j'y suis resté pendant un mois et mon père est décédé. Mon père avait dit qu'il voulait voir son fils jouer au baseball professionnel, et il est mort une journée avant que je dispute mon premier match en Virginie.

«Je me suis rendu à Porto Rico et quand je suis revenu, ma mère m'a dit qu'il fallait que je retourne aux États-Unis et que je lui envoie de l'argent, parce que la famille n'avait pas d'argent pour manger», a-t-il raconté.

C'était une histoire que vivaient bien des joueurs à l'époque, et c'est encore souvent le cas près de 60 ans plus tard.

Alou et Cepeda se disent encouragés de voir autant de jeunes hommes arriver aux États-Unis en provenance de l'Amérique latine déjà capables de parler l'anglais. Cela, grâce aux 30 clubs du baseball majeur qui mettent plus d'emphase sur de telles choses via leurs académies en République dominicaine et au Venezuela.

On offre aussi des cours d'anglais aux jeunes joueurs durant les camps d'entraînement, ainsi que dans les réseaux mineurs.

Chaque club des ligues majeures a maintenant une académie en République dominicaine.

«Évidemment, nous n'avions pas ces opportunités-là, a noté Alou, qui a agi comme gérant des Expos de Montréal et des Giants de San Francisco. Habituellement, quand nous arrivions ici, nous étions un peu plus vieux que le joueur moyen d'aujourd'hui. Nous avions un plus grand bagage de baseball.

«Nous avions plus de maturité, mais nous ne connaissions pas l'anglais et nous n'étions pas conscients des problèmes de racisme. Nous ne savions rien de la culture américaine. Nous ne connaissions rien de la nourriture. Maintenant, quand les jeunes arrivent, ils ont appris à connaître un peu l'Amérique parce que les instructeurs américains vont dans les académies.»

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