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Ukraine : un tir à la frontière russe fait monter la tension entre Moscou et Kiev

13/07/2014 09:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Un tir attribué aux forces ukrainiennes ayant fait un mort en Russie a fait monter la tension dimanche entre Moscou et Kiev, tandis que les affrontements continus entre loyalistes et séparatistes prorusses ont conduit le président Petro Porochenko à annuler son voyage à Rio pour la finale du Mondial.

La diplomatie russe a menacé l'Ukraine de possibles "conséquences irréversibles", qualifiant d'agression la chute d'un obus dans une ville russe frontalière, à proximité d'une zone que se disputent à coups de canon et de mortier les troupes de Kiev et les insurgés.

L'Ukraine a rapidement démenti tout rôle dans l'incident qui s'est produit dans la matinée.

"Il n'y a aucun doute. Les forces ukrainiennes n'effectuent pas de tirs sur le territoire de la Russie. Nous n'avons pas tiré", a indiqué Andriï Lyssenko, porte-parole du Conseil national de sécurité ukrainien.

Mais son démenti est arrivé après un communiqué aux mots durs du ministère russe des Affaires étrangères pour qui "cet événement témoigne d'une escalade extrêmement dangereuse" et "peut avoir des conséquences irréversibles, dont l'Ukraine portera la responsabilité".

L'incident est survenu au lendemain d'une mise en garde de la Russie qui a déclarer "se réserver le droit de prendre les mesures nécessaires pour défendre son territoire et assurer la sécurité des citoyens russes".

- Salve de roquettes -

En Ukraine même, les affrontements entre forces gouvernementales et rebelles, qui se poursuivent sans faiblir, ont fait une trentaine de morts en 24 heures.

Douze civils ont été tués au cours des dernières 24 heures à la périphérie de Donetsk, grande ville contrôlée par les insurgés dans l'est, selon la municipalité, et huit autres à Mariinka, une localité de dix mille habitants également aux mains des rebelles et située à 30 km à l'ouest, d'après un employé de la morgue de l'hôpital régional interrogé par l'AFP.

Six habitants ont trouvé la mort à Lougansk, autre place forte des insurgés, a dit la mairie, tandis que le service de presse de l'"opération antiterroriste" ukrainienne signalait trois militaires tués et deux blessés dans des tirs dimanche matin.

Des journalistes de l'AFP ont visité dimanche un quartier de maisons individuelles de Mariinka, dont les habitants leur ont expliqué qu'une salve de roquettes avait touché une demi-douzaine de leurs habitations vers 16 heures samedi, assurant qu'il n'y avait aucun objectif militaire à proximité.

Vladimir Piskounov, 39 ans, a perdu sa femme. "Nous étions dans la maison quand les roquettes sont tombées. Elle a été touchée dans le dos par un éclat", explique cet employé des mines. Un impact de roquette est visible dans son jardin et une autre a dévasté le porche d'entrée de la maison. Une troisième est tombée sur le trottoir juste devant la grille d'entrée qui est toute tordue.

Les forces loyalistes qui parachèvent l'encerclement de Donetsk, sont arrivées cette semaine à une vingtaine de kilomètres de cette agglomération.

La confrontation décisive entre forces de Kiev et rebelles semblant se rapprocher et le nombre des victimes ayant augmenté, avec notamment 19 soldats ukrainiens tués par une salve de roquettes vendredi, le président Petro Porochenko a jugé "impossible" d'assister à la finale du Mondial à Rio.

Samedi encore, les autorités brésiliennes indiquaient qu'il était attendu, mais, dans la nuit, la présidence ukrainienne annonçait que "compte tenu de la situation qui prévaut aujourd'hui en Ukraine, le chef de l'Etat estime qu'il lui est impossible d'assister à la finale de la Coupe du Monde".

M. Porochenko a ainsi exclu une éventuelle rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, alors que Kiev accuse Moscou de jouer un rôle moteur dans la rébellion prorusse. La question ukrainienne pourrait cependant être malgré tout évoquée à Rio, M. Poutine devant y rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, très impliquée dans les efforts internationaux pour trouver un règlement politique.

- Guerre de propagande -

La Russie, qui avait annexé en mars la péninsule ukrainienne de Crimée, à la suite d'un référendum organisé en présence d'unités militaires russes, apporte un soutien diplomatique aux séparatistes, cependant que l'Ukraine, où l'on a craint d'abord une intervention armée de Moscou, l'accuse de soutenir les rebelles en leur envoyant agents secrets, mercenaires et armements. Ainsi, une grande exposition d'armes d'origine russe saisies aux rebelles a été ouverte samedi à Kiev.

Les deux parties se livrent aussi une guerre de propagande, diffusant des informations impossibles à confirmer de sources indépendantes, dont des bilans de bombardements aériens ou d'artillerie.

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