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Mondial-2014 - Bilan: une des plus belles Coupes du monde ?

13/07/2014 06:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

La Coupe du monde 2014 fut-elle l'une des plus belles ? Un classement objectif est difficile à établir, mais le Brésil se hisse en haut de tableau, avec un pays fou de foot, des buts devenus des classiques et des secousses d'émotions.

. Une des plus belles ?

Dilma Rousseff, présidente du Brésil, avait promis "la Coupe des Coupes". Au coup d'envoi le 12 juin, les doutes étaient encore nombreux, avec, outre la crainte de mouvements sociaux, des retards inquiétants dans les stades. Mais il n'y a eu aucun accroc majeur dans le déroulement du tournoi et la fête du "futebol" a bien eu lieu. Comment classer l'édition brésilienne dans l'histoire des Coupes du monde ? Il est difficile de comparer avec les premières éditions, des années 1930 et 50.

Mais pour l'ère moderne, des critères-repères, avec leur part de subjectivité, peuvent être l'empreinte des artistes, les émotions suscitées par les matches et l'ambiance. Le Brésil en 2014 se place en tout cas en haut de la pile.

. Merci les artistes

Un Mondial réussi se juge d'abord à un talent qui laisse son nom associé à l'évènement. Le Français Just Fontaine a inscrit 13 buts lors du Mondial en 1958 en Suède, ce qui est toujours le record dans une seule édition. En 2014, l'Allemand Miroslav Klose a battu le record de buts inscrits en différentes Coupes du monde (quatre dans son cas), avec une 16e réalisation qui lui a permis de passer devant l'idole brésilienne Ronaldo "O Fenomeno" (15).

En 1958 en Suède, les films archivés montrent un jeune Brésilien de 17 ans nommé Pelé réaliser des merveilles. En 1970 au Mexique, le génie de la Seleçao est toujours là et enchante encore, dans un style moins virevoltant. En 1986 au Mexique, c'est un Argentin, Diego Maradona, qui entre dans l'histoire en quarts de finale contre l'Angleterre, avec un but divin --il passe en revue toute l'équipe anglaise--, et un but démoniaque quand il marque de sa célèbre "main de dieu". En 1998 en France, c'est le Français Zinédine Zidane qui éblouit avec un doublé de la tête en finale contre le Brésil (3-0).

Et en 2014 ? James Rodriguez, le Colombien, a étincelé jusqu'au quarts de finale (6 buts). Son amorti-volée contre l'Uruguay est devenu un classique. Lionel Messi a régalé avec des fulgurances. Tout comme les buts de Klose --pour son record-- et Toni Kroos --un doublé-- qui tournent en boucle depuis la démonstration en demi-finales contre le Brésil (7-1).

. Emotions immenses

Cette Coupe du monde fut celle des chocs et des pleurs. L'Espagne, auréolée de sa trilogie --Euro-2008, Mondial-2010, Euro-2012-- a volé en éclats dès son premier match contre les Pays-Bas (5-1) avant d'être éliminé au premier tour. Tout comme le Portugal, et son Ballon d'Or Cristiano Ronaldo, pulvérisés (4-0) par l'Allemagne.

Le 8e de finale entre Brésil et Chili a donné des images inoubliables avec le gardien de la Seleçao, Julio Cesar, en larmes juste avant la séance de tirs au but dont il sera pourtant le héros. Il y aura encore des pleurs pour le Brésil, comme lorsque le défenseur chevelu David Luiz demanda pardon à son pays pour l'humiliation subie contre l'Allemagne en demi-finales (7-1), le GRAND choc du Mondial. Ce match restera dans les annales, à l'image, dans un registre différent, d'un France-Allemagne au Mondial-1982. Des larmes coulèrent aussi sur les joues de Neymar, quand il sortit, vertèbre fracturée, sur une civière en quarts de finale. Il savait que son Mondial était terminé. Et puis il faut toujours un mauvais geste. Il y avait eu l'agression de Schumacher sur Battiston en 1982. Cette année, c'est la morsure infligée en plein match à l'épaule de Chiellini par "Dracula" Suarez qui a provoqué le scandale.

. Le foot a joué à la maison

Les Mondiaux 1994 aux Etats-Unis et 2006 en Allemagne furent des grandes fêtes populaires, avec une ambiance fantastique dans les tribunes.

Le Brésil a joué sur du velours. Ce pays de 200 millions d'habitants compte à peu près autant de fans de football. Le jeu est présent partout et tout le monde, fille ou garçon, affiche les couleurs de son club préféré et engage la conversation pour parler avec les étrangers de leurs championnats.

Zidane a traumatisé le Brésil en 1998 en inscrivant deux buts en finale ? Les fans se précipitent autour de lui pour lui demander des autographes et il figure même dans un spot de pub à la TV. Le foot a joué à la maison.

pgr/pga/dhe

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