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Le F-35, grand absent à l'ouverture du salon aéronautique de Farnborough

13/07/2014 10:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Le salon de Farnborough, événement aéronautique de l'année, ouvre ses portes lundi près de Londres avec une certitude: l'absence de l'avion de combat américain F-35, qui rate ainsi ses débuts européens, et une quasi-certitude, le lancement de l'A330 neo d'Airbus.

Dès dimanche, les organisateurs ont prévenu que la démonstration en vol du chasseur de Lockheed Martin était annulée, faute d'autorisation de vol du Département de la défense américain. "Mais nous avons bon espoir de le voir voler au salon d'ici la fin de la semaine", ont-ils dit.

Le F-35, cloué au sol pour des raisons de sécurité après un incendie survenu à bord d'un de ces appareils fin juin, avait déjà raté vendredi le meeting aérien militaire Royal International Air Tatoo (RIAT) à Fairford, dans l'ouest de l'Angleterre.

Son absence est d'autant plus fâcheuse que le Royaume-Uni est le premier partenaire du programme avec une participation des industriels britanniques BAE Systems et Rolls-Royce de l'ordre de 15%.

Au-delà des contre-temps techniques, le F-35 accuse des années de retard et a déjà coûté 400 milliards de dollars.

- Boeing donne le ton -

Du côté de l'industrie aéronautique civile, l'avionneur américain Boeing a donné le ton dès dimanche en annonçant le lancement d'une nouvelle version de son moyen-courrier remotorisé 737 Max, dotée de plus de sièges.

Avec jusqu'à 200 sièges en configuration classe économique, l'avion sera destiné "au marché des compagnies à bas coûts à forte densité", a expliqué Ray Conner, le président directeur-général de Boeing Commercial Airplanes.

Les Boeing 737 Max sont une famille d'avions moyen-courriers dotés de nouveaux moteurs plus efficaces, qui entreront en concurrence avec les Airbus A320 Neo.

De son côté, Airbus est très attendu sur le lancement d'une version modernisée de son long-courrier vedette, l'A330, qu'il pourrait annoncer dès lundi matin.

En service depuis décembre 1993, cet avion s'est vendu à quelque 1.300 exemplaires dont 1.100 environ sont actuellement en opération. L'A330neo a un potentiel de ventes de plus de 1.000 exemplaires, selon une estimation dévoilée la semaine dernière par Fabrice Brégier, PDG du constructeur européen.

Pour Airbus, il est crucial de faire évoluer cet appareil face aux 787 Dreamliner de son rival américain, qui présente à Farnborough la version 787-9.

Avant même une éventuelle annonce, Boeing a fait savoir dimanche qu'il n'avait rien à craindre de cette version remotorisée du long-courrier A330.

"Nous pensons que nous avons l'avion le plus efficace", a affirmé Ray Conner.

Boeing avait lui déjà lancé, en novembre, le 777X, version modernisée de son célèbre gros porteur (de 350 à 450 sièges) qui n'a pas de véritable concurrent à ce jour.

A défaut de l'A330neo, Airbus pourra compter sur son A350, qui doit obtenir prochainement sa certification en vue d'une entrée en service à la fin de l'année.

Le tout nouvel aéronef sera en démonstration en vol. Et sa compagnie de lancement, Qatar Airways, dévoilera l'intérieur de cet avion en composites qui doit concurrencer les 787.

- Les challengers en action -

Derrière l'éternel duel Airbus-Boeing, les constructeurs canadien Bombardier, brésilien Embraer et européen ATR ont bien l'intention de faire de Farnborough une caisse de résonance de leurs propres programmes.

Le président de Bombardier avions commerciaux, Mike Arcamone, a déclaré à l'AFP qu'en dépit de la suspension des essais en vol de son avion CSeries, l'entrée en service au second semestre 2015 était maintenue. Et il escompte bien d'ici là atteindre l'objectif de 300 commandes pour cet avion qui doit entrer en concurrence avec notamment l'A318.

Embraer devrait de son côté enregistrer de nouvelles commandes pour sa famille de jets régionaux E2.

Le salon de Farnborough, qui se tient tous les deux en alternance avec Paris-Le Bourget, se déroule du 14 au 20 juillet. Seuls les trois derniers jours sont ouverts au public. Plus de 100.000 visiteurs professionnels sont attendus cette semaine et autant pour les journées grand public.

Lors de la précédente édition, en 2012, des contrats et des intentions d'achats d'une valeur totale de 72 milliards de dollars avaient été annoncés.

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