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Immeubles effondrés à Casablanca: 16 morts, et le bilan "pourrait s'alourdir"

13/07/2014 01:24 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Le bilan de l'effondrement de trois immeubles survenu dans la nuit de jeudi à vendredi à Casablanca, la capitale économique du Maroc, s'élève désormais à 16 morts et "risque encore de s'alourdir", ont annoncé dimanche les autorités locales.

Sept corps ont été retirés des décombres dimanche matin, portant à 15 le nombre de morts, selon les mêmes sources, citées par l'agence MAP.

Un 16e cadavre a par la suite été découvert, a précisé à l'AFP une source officielle sous couvert d'anonymat.

Ce bilan risque "de s'alourdir car des personnes sont encore ensevelies" sous les gravats, ont prévenu les autorités locales.

Parmi les nouvelles victimes figurent deux enfants ainsi qu'une actrice marocaine, Amal Maarouf, et sa mère, d'après les mêmes sources. L'artiste avait répondu à des appels sur son téléphone portable quelques heures après le drame, selon le site d'informations Yabiladi.

Dimanche matin, 17 personnes étaient par ailleurs toujours hospitalisées.

Les recherches ont été momentanément suspendues dans l'après-midi, dans l'attente de matériel plus adéquat. La veille, les services de secours avaient déjà reçu des moyens plus sophistiqués pour fouiller les ruines du principal bâtiment touché.

Des critiques ont été émises quant au déroulement des opérations. "Suspension des fouilles, matériel insuffisant. Trois jours pour s'en apercevoir", a ainsi commenté le journal L'Economiste sur son site internet.

En fin d'après-midi, le site du drame était bouclé par des barrières et inaccessible à la presse, à l'exception des médias publics marocains, a constaté un photographe de l'AFP.

- 'Travaux anarchiques' -

Les causes du drame, qui a vu trois immeubles de quatre et cinq étages du quartier El Hank, proche du littoral, s'effondrer partiellement en pleine nuit, restent à déterminer.

Selon des habitants interrogés par l'AFP, l'effondrement a pu être provoqué par des "travaux anarchiques" et par le manque d'entretien général des immeubles, dont la construction remontait aux années 1960 et 70.

Trois immeubles mitoyens ont été évacués par précaution et plus d'une vingtaine de familles relogées, tandis que le parquet de Casablanca a ouvert une enquête.

"Les mesures qu'impose la loi seront prises contre toute personne ayant commis un délit ou une contravention", a promis le Procureur du roi dans un communiqué.

Selon une source officielle s'exprimant sous couvert d'anonymat, des responsables locaux pourraient aussi être sanctionnés au regard "des conclusions de l'enquête".

Le roi Mohammed VI s'est rendu sur place vendredi et a rendu visite à plusieurs reprises à des blessés hospitalisés.

Le roi d'Espagne Felipe VI, qui débutera lundi une visite officielle de deux jours à Rabat, a présenté ses "condoléances" et sa "compassion" au souverain chérifien.

Mégapole de cinq millions d'habitants, Casablanca compte des milliers de logements insalubres, en particulier dans la vieille ville (médina).

Fin 2012, deux personnes étaient mortes dans l'effondrement d'une maison d'un quartier proche de cette médina à la suite d'intempéries.

Le ministère de l'Habitat avait alors estimé qu'entre 4.000 et 7.000 logements menaçaient de s'effondrer dans la ville, et plusieurs programmes de réhabilitation et de relogement ont été lancés dans l'agglomération.

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