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Football: la Russie s'attèle à une tâche titanesque pour le Mondial de 2018

13/07/2014 06:00 EDT | Actualisé 12/09/2014 05:12 EDT

Encouragée par le succès de l'organisation des jeux Olympiques d'hiver à Sotchi, la Russie s'attèle déjà à la préparation de la Coupe du monde de football de 2018, son projet le plus ambitieux depuis la chute de l'URSS.

Le président russe Vladimir Poutine prendra officiellement après la finale du Mondial brésilien à Rio de Janeiro la responsabilité de l'organisation de l'édition suivante, dont la mise en oeuvre demande des investissements colossaux.

"Nous avons accueilli avec succès les jeux Olympiques d'hiver (...) à Sotchi. Maintenant, nous savons de quel type de défi il s'agit d'organiser un événement d'une telle ampleur", a-t-il lancé vendredi, avant d'entamer une tournée de plusieurs jours en Amérique du Sud.

L'homme fort du Kremlin a expliqué que la Russie entendait bien s'inspirer de l'expérience brésilienne, célébrée pour son organisation malgré les avertissements alarmants sur la violence des gangs, les protestations anti-Mondial ou la construction précipitée des infrastructures.

"Nous ferons de notre mieux pour offrir au monde une fête du football inoubliable et une véritable hospitalité russe en 2018", a promis le président russe, cité par l'agence officielle Itar-Tass.

Pour les jeux Olympiques de février, Moscou a dépensé près de 50 milliards de dollars pour transformer la station balnéaire de Sotchi en somptueux complexe sportif, organisant ainsi les Jeux les plus chers de l'Histoire et dépassant largement les prévisions initiales.

La Coupe du monde de football représente pour la Russie un défi encore plus important. Moscou doit procéder à un renouvellement complet des infrastructures sportives, touristiques et de transport, dans des régions qui en sont peu dotées aux quatre coins du vaste territoire russe.

Le ministre russe des Sports Vitali Moutko a estimé le coût total du futur Mondial à 680 milliards de roubles (14,7 milliards d'euros), précisant que la moitié des fonds proviendrait d'investisseurs privés, et l'autre moitié du budget de différentes régions.

- Six stades construits de zéro -

Les matchs de 2018 se joueront à Moscou, Saint-Pétersbourg, Sotchi, Kazan dans la région de la Volga ou encore à Ekaterinbourg dans l'Oural, mais également dans six autres villes habituellement peu connues des étrangers: Kaliningrad, Nijni-Novgorod, Samara, Saransk, Rostov-sur-le-Don et Volgograd.

Le célèbre stade moscovite de Loujniki, construit en 1956 et qui a accueilli les jeux Olympiques de 1980 et la finale de la Ligue des champions en 2008, est en rénovation complète pour le transformer en stade dernier cri de 81.000 places, qui accueillera le match d'ouverture et la finale.

L'autre stade moscovite du Spartak, qui comptera pour sa part 42.000 spectateurs, est attendu en septembre tandis qu'à Kazan, qui a accueilli l'Universiade l'année dernière, le stade est déjà prêt.

A Saint-Pétersbourg, le stade de Gazprom de 70.000 places est prévu pour mai 2016 et le stade olympique de Sotchi va accroître sa capacité d'accueil à 45.000 places. Le stade d'Ekaterinbourg attend également sa rénovation.

Dans les six autres régions, pour lesquelles les plans ont déjà été approuvés, une tâche titanesque attend les autorités, qui vont devoir construire toutes les infrastructures en partant quasiment de zéro.

"Nous espérons débuter les travaux en août ou septembre au plus tard. Nous estimons que tous les sites seront prêts dans les temps", a promis Vladimir Poutine. Selon un plan de construction validé, 106,8 milliards de roubles (2,37 milliards d'euros) sont prévus dans le budget prévisionnel.

"Les Russes ont commencé à travailler très dur dès le début. C'est une approche nouvelle. Je suis très content", s'est pour sa part réjoui Sepp Blatter, le président de la FIFA.

- L'équipe nationale à la peine -

Ce ne sont toutefois pas seulement les infrastructures qui auront besoin d'une remise à neuf, mais également l'équipe nationale russe.

Alors que le pays lutte pour tenter d'éradiquer le racisme et le hooliganisme dans ses stades, il s'inquiète également des performances variables de ses clubs et de sa sélection nationale.

L'équipe russe, qui a gagné en 2014 sa place à la Coupe du monde pour la première fois en douze ans, a échoué à se qualifier pour les huitièmes de finale malgré un groupe jugé facile et est retourné en Russie sans une seule victoire.

M. Moutko a pourtant affiché son soutien au sélectionneur de l'équipe russe, Fabio Capello, malgré la piètre performance au Brésil, avertissant néanmoins que l'équipe n'avait pas le droit à l'erreur à domicile en 2018.

"Nous n'avons pas le droit de nous faire humilier en 2018 devant nos propres supporters", a-t-il dit. "Ce serait inadmissible".

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